Le HCP anticipe 5% de croissance en 2026, portée par l’agriculture et la demande intérieure

Un visuel représentant certains secteurs économiques. (Photo d'illustration)

Dans un contexte international incertain, l’économie marocaine devrait enregistrer une croissance de 5% en 2026, après 4,7% en 2025, selon le HCP. Cette dynamique serait portée par un rebond marqué du secteur primaire (+10%), une progression soutenue des activités non agricoles (+4,3%) et par la vigueur de la demande intérieure. En parallèle, le déficit budgétaire devrait s’alléger à 3,2% du PIB, tandis que le ratio de la dette du Trésor reculerait à 66,1% du PIB.

Le 20/01/2026 à 14h21

Les perspectives économiques mondiales pour 2026 annoncent un léger ralentissement de l’activité, sous l’effet combiné de l’aggravation des tensions commerciales et de l’incertitude géopolitique persistante. Les économies avancées devraient afficher une croissance modérée, tandis que les pays émergents continueraient de soutenir l’activité mondiale.

Dans ce contexte, le recul attendu des cours des matières premières favoriserait une désinflation graduelle dans la plupart des économies. En revanche, la fragmentation géoéconomique pèserait sur la dynamique du commerce mondial, limitant les échanges internationaux et renforçant les risques sur les chaînes de valeur.

Malgré cet environnement contraignant, l’économie marocaine devrait maintenir une trajectoire de croissance soutenue en 2026. C’est ce qui ressort du Budget économique prévisionnel (BEP) 2026 publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui table sur une accélération progressive de l’activité économique nationale, soutenue par la reprise du secteur agricole, la résilience des activités non agricoles et la vigueur de la demande intérieure.

Ainsi, le Produit intérieur brut national devrait croître de 5% en 2026, après 4,7% estimé en 2025, confirmant une phase d’accélération continue de la croissance économique sur quatre années consécutives.

Cette dynamique serait largement portée par le redressement du secteur agricole. Le démarrage de la campagne agricole 2025-2026 a certes été marqué par un déficit pluviométrique, mais les précipitations abondantes et bien réparties enregistrées depuis de fin novembre ont permis de rattraper ce retard, laissant entrevoir une saison plus favorable.

Ces conditions climatiques devraient également contribuer à la reconstitution des réserves des barrages et à l’amélioration de l’alimentation des nappes phréatiques, renforçant la sécurité hydrique du pays.

Par ailleurs, l’activité de l’élevage devrait connaître un net redressement en 2026, soutenue par la décision royale de s’abstenir du sacrifice de l’Aïd Al-Adha en 2025, l’amélioration du couvert végétal, la disponibilité des pâturages et le déploiement du programme national de reconstitution du cheptel.

Dans ces conditions, la valeur ajoutée agricole progresserait de 10,4% en 2026, après 4,5% en 2025, sous l’hypothèse d’une production céréalière supérieure à la moyenne. Globalement, le secteur primaire afficherait une croissance de 10% en 2026, contribuant à hauteur de 1,1 point à la croissance économique nationale.

Dynamique soutenue de l’industrie et du BTP

Les activités non agricoles devraient maintenir un rythme de croissance soutenu, avec une progression estimée à 4,3% en 2026 après 4,5% en 2025. Cette évolution serait principalement tirée par la consolidation des performances industrielles, la poursuite de la bonne tenue du secteur du BTP et la vigueur des services marchands.

L’industrie agroalimentaire, qui représente près de 27,5% de la valeur ajoutée manufacturière, continuerait de bénéficier de la reprise agricole et de la dynamique de la demande intérieure, malgré un léger ralentissement attendu en 2026.

Le textile, après une contraction prévue en 2025, amorcerait un redressement modéré en 2026, soutenu par la modernisation progressive de la chaîne de valeur et la montée en gamme de la production, dans un contexte de concurrence internationale accrue.

L’activité de fabrication du matériel de transport profiterait de la bonne performance de l’aéronautique, du câblage et du développement des technologies liées aux batteries électriques, tout en restant pénalisée par la faible demande européenne pour les véhicules thermiques.

Le secteur du BTP poursuivrait sa dynamique positive, avec une croissance de 4,1% en 2026, portée par la poursuite des investissements dans les infrastructures, les projets structurants et le programme d’aide directe au logement, malgré la persistance de tensions sur les coûts et la main-d’œuvre qualifiée.

Le secteur tertiaire devrait confirmer sa résilience en 2026, avec une croissance de 4,3%, contribuant à hauteur de 2,3 points à la croissance du PIB.

L’activité du commerce et de la réparation continuerait de bénéficier de la vigueur de la demande intérieure, tandis que le secteur de l’hébergement et de la restauration poursuivrait son redressement, soutenu par la consolidation des arrivées touristiques et des recettes de voyage.

Les services de transport et d’entreposage devraient également évoluer favorablement, tirés par l’intensification des flux ferroviaires, aériens et maritimes, ainsi que par l’amélioration progressive des infrastructures logistiques.

Demande intérieure: le socle de la croissance économique

La demande intérieure demeurerait le principal moteur de la croissance nationale. La consommation finale des ménages progresserait de 4,1% en 2026, soutenue par la revalorisation salariale, l’amélioration des revenus agricoles et l’atténuation des pressions inflationnistes, dans un contexte de poursuite des aides sociales directes.

L’investissement brut continuerait d’apporter une contribution significative à la croissance, porté par les grands chantiers d’infrastructures, les préparatifs des manifestations internationales et le déploiement de la nouvelle Charte de l’investissement.

Sur le plan budgétaire, la poursuite de la dynamique haussière des recettes ordinaires, soutenue par l’achèvement de la réforme fiscale, devrait contribuer à l’atténuation du déficit budgétaire, attendu à 3,2% du PIB en 2026.

La baisse des dépenses de compensation, dans un contexte de détente des prix internationaux des matières premières, et la gestion active de la dette devraient renforcer cette trajectoire d’assainissement.

L’encours de la dette publique poursuivrait ainsi sa tendance baissière, avec un ratio de la dette du Trésor ramené à 66,1% du PIB en 2026, confirmant l’amélioration progressive des équilibres macroéconomiques du pays.

Par Lahcen Oudoud
Le 20/01/2026 à 14h21