Le déficit commercial marocain continue de se creuser

Port Tanger Med

Revue de presseÀ fin septembre 2025, le Maroc enregistre un déficit commercial record de 258,9 milliards de dirhams, porté par une hausse soutenue des importations. Si certains secteurs exportateurs tirent leur épingle du jeu, la dépendance aux importations énergétiques et alimentaires reste forte. Le secteur des services et les transferts des Marocains à l’étranger contribuent néanmoins à stabiliser la balance extérieure. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 26/01/2026 à 19h35

Malgré une amélioration progressive de la conjoncture internationale et une dynamique encourageante dans le secteur des services, le solde commercial du Maroc continue de se détériorer à un rythme soutenu. Selon les dernières statistiques de l’Office des changes, reprises par le quotidien Les Inspirations Eco du 27 janvier, le déficit de la balance commerciale a atteint 258,94 milliards de dirhams à fin septembre 2025, enregistrant une hausse de 17,6% par rapport à la même période de l’année précédente. Cette aggravation résulte principalement d’une progression des importations nettement plus rapide que celle des exportations, soulignant une fois de plus les déséquilibres structurels persistants dans les échanges extérieurs du Royaume.

Les importations de biens ont totalisé 600,6 milliards de dirhams, soit une augmentation de 50,8 milliards par rapport à l’année précédente. Cette hausse est en grande partie portée par les produits énergétiques, dont les achats ont progressé de 9,3%. Même si les prix se normalisent, l’augmentation des volumes importés contribue à alourdir la facture énergétique. Les biens d’équipement connaissent également une croissance significative de 12,8%, reflétant une relance de l’investissement productif et industriel. Les biens de consommation et les produits alimentaires poursuivent leur tendance haussière, avec respectivement +6,5% et +5,1%, renforçant le caractère structurel du besoin d’importation du Royaume.

Du côté des exportations, la progression reste plus modeste. Elles s’établissent à 341,7 milliards de dirhams, contre 329,7 milliards à la même période en 2024. Certains secteurs affichent des performances solides, notamment l’automobile (+10,2%), l’aéronautique (+15,4%) et le textile-habillement (+5,7%). D’autres secteurs, en revanche, pâtissent de conditions plus défavorables. Les ventes de phosphates et d’engrais diminuent de 8,7% en raison de la baisse des cours internationaux, tandis que l’agriculture et l’agroalimentaire reculent de 3,2%, affectées par des aléas climatiques. «Cette disparité met en lumière les limites actuelles de la diversification du tissu exportateur marocain», écrit Les Inspirations Eco.

Face à la dégradation du solde des biens, le secteur des services continue de jouer un rôle stabilisateur. Les recettes touristiques enregistrent une forte progression, atteignant 97,2 milliards de dirhams, soit une hausse de 10,4%. Cette performance est soutenue par l’afflux de visiteurs lié à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et à une saison estivale favorable. Le transport international, porté par le fret maritime et aérien, contribue également à cette dynamique avec une hausse de 13,7%. Au total, le solde des services affiche un excédent de 101,7 milliards de dirhams, en hausse de 9,4%, atténuant partiellement le déficit du commerce extérieur.

Les transferts des Marocains résidant à l’étranger se maintiennent comme un pilier du compte courant, s’élevant à 82,1 milliards de dirhams, soit une progression de 1,7%. En revanche, les investissements directs étrangers connaissent un repli de 11,2%, pour s’établir à 16,5 milliards de dirhams. Ce recul s’explique par une base élevée en 2024 et un climat international marqué par l’attentisme des investisseurs. Malgré cela, le Maroc conserve une attractivité forte, même si la concrétisation des flux d’investissement reste soumise à des délais d’exécution.

«Dans ce contexte, les réserves officielles de change restent stables à un niveau jugé confortable, couvrant 5,4 mois d’importations de biens et services», lit-on dans Les Inspirations Eco. La position extérieure nette du Royaume continue également de s’améliorer, soutenue par l’accumulation d’avoirs extérieurs et une politique prudente en matière d’endettement externe. Les chiffres à fin septembre 2025 reflètent ainsi une économie à double vitesse: d’un côté, la détérioration persistante du solde commercial souligne la dépendance structurelle du Maroc aux importations énergétiques, alimentaires et d’équipements. De l’autre, la résilience du secteur des services, la solidité des transferts et le maintien des réserves assurent une stabilité extérieure globale.

Par La Rédaction
Le 26/01/2026 à 19h35