Le cash résiste malgré la poussée des moyens de paiement électronique

Au cours des deux dernières décennies, la croissance annuelle moyenne de la monnaie fiduciaire au Maroc a été de 8%, soit le double du taux de croissance moyen du PIB pendant cette période.. DR

Revue de presseSelon un récent document de recherche de Bank Al-Maghrib, ce «paradoxe apparent du cash» décrit une augmentation continue de la demande de cash malgré la baisse relative des transactions en espèces, privilégiant les paiements numériques. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 20/12/2023 à 21h56

Selon Bank Al-Maghrib, le constat est celui d’une augmentation continue de la demande de cash malgré la poussée des moyens de paiement électronique. Ce paradoxe se caractérise par une croissance de la demande de cash dépassant celle de l’activité économique, expliquée par une utilisation accrue de la monnaie comme réserve de valeur plutôt que pour des transactions courantes. Au Maroc, le cash non transactionnel représentait près de 13% du PIB en 2019, atteignant 20% en 2020 et 2021, relève le quotidien L’Economiste dans son édition du 21 décembre.

Au cours des deux dernières décennies, la croissance annuelle moyenne de la monnaie fiduciaire au Maroc a été de 8%, soit le double du taux de croissance moyen du PIB pendant cette période. La crise de la COVID-19 a entraîné une augmentation spectaculaire et soudaine de la demande de cash (+20%), bien que les possibilités d’utilisation pour des transactions courantes aient été fortement réduites pendant les périodes de confinement.

Le Maroc se démarque par un poids élevé de la circulation fiduciaire dans le PIB, atteignant 27% en 2021, équivalant à une moyenne de 8 780 dirhams par habitant en circulation, comparé à 240 dirhams en 1974.

«Les petites coupures sont principalement utilisées pour des transactions, tandis que les grandes coupures servent à d’autres motifs, tels que la précaution ou la spéculation. Les simulations montrent que la demande de petites coupures augmente proportionnellement à l’activité, tandis que la demande de billets de 100 et 200 dirhams croît beaucoup plus rapidement que l’activité», lit-on.

L’étude met en garde contre l’interprétation des chiffres estimés, compte tenu des limites techniques de chaque méthode, notamment la difficulté d’estimer la part de cash transitant par l’économie informelle ou souterraine, avec des caractéristiques et cycles de vie différents des circuits formels.

Bien que l’immersion des crypto-monnaies soit envisagée avec prudence, les monnaies numériques de banques centrales sont considérées comme une progression vers l’économie numérique.

Les avantages potentiels pour le Maroc incluent l’inclusion financière et la transparence, mais la transition dépendra de la gestion de la masse monétaire circulant en dehors des canaux numériques. Bien que la monnaie numérique ne transforme pas l’économie du jour au lendemain, son intégration promet efficacité et impact sur la structure économique.

Par Lamia El Ouali
Le 20/12/2023 à 21h56