Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé le lancement imminent de la construction d’un nouveau barrage dans le bassin hydraulique du Loukkos. Cette déclaration a été faite lors de son passage sur MFM Radio, une station du groupe Challenge qui relaie l’information. Elle a été faite dans le cadre de l’émission politique Décryptage, où le ministre a insisté sur l’urgence de renforcer les infrastructures hydrauliques face aux pressions exercées par les épisodes pluviométriques récents.
Selon le responsable gouvernemental, ce projet figurait déjà dans la loi de finances 2025 et vise principalement à réduire la pression qui pèse sur le barrage Oued El Makhazine, fortement sollicité après les dernières précipitations exceptionnelles enregistrées dans la région. Le ministre a reconnu que la concrétisation du projet a été ralentie par des mouvements d’opposition émanant d’habitants et de certains acteurs politiques locaux, préoccupés par les répercussions sociales et foncières liées à l’implantation de l’ouvrage, écrit Challenge. Malgré ces résistances, Baraka a affirmé que «les études techniques et d’impact ont bien été engagées et que le gouvernement s’emploie à trouver des solutions permettant de lever les obstacles afin de lancer les travaux dans le courant de l’année».
Le futur barrage, baptisé Tifar, devrait disposer d’une capacité de stockage estimée à près de 900 millions de mètres cubes, ce qui en ferait la plus importante infrastructure hydraulique du bassin. Cette capacité dépasserait largement celle du barrage d’Oued El Makhazine, dont la retenue avoisine 672 millions de mètres cubes. «L’ouvrage projeté s’étendra sur une vaste superficie englobant des terrains relevant de communes situées dans les provinces de Larache et Ouazzane. Il devra assurer plusieurs missions stratégiques, notamment le renforcement des transferts interbassins entre le nord et le sud du pays, ainsi que la sécurisation de l’approvisionnement en eau destinée à l’irrigation dans cette zone agricole majeure», souligne Challenge.
Le ministre a également souligné que cette infrastructure s’inscrit dans la stratégie nationale de gestion des ressources hydriques, rappelant que la dépendance exclusive au barrage d’Oued El Makhazine constitue un risque important dans un contexte marqué par l’irrégularité climatique. Il a insisté sur la nécessité de multiplier les ouvrages de stockage pour garantir la sécurité hydrique et prévenir les tensions liées à la raréfaction des ressources en eau.
Cette orientation stratégique apparaît d’autant plus urgente que le barrage d’Oued El Makhazine montre aujourd’hui des signes de saturation. L’infrastructure a récemment dépassé sa capacité maximale, avec un taux de remplissage supérieur à la pleine charge, confirmant ainsi qu’elle a atteint ses limites et renforçant la nécessité d’accélérer la réalisation de nouvelles infrastructures hydrauliques dans le bassin du Loukkos.








