La hausse des cours du pétrole ravive les risques pour l’économie marocaine

Remplissage du réservoir à carburant d'un véhicule avec un pistolet dans une pompe à essence.. DR

Revue de presse Porté par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le baril de Brent tourne autour de 100 dollars, alimentant les craintes d’un nouveau choc énergétique. Pour le Maroc, dont près de 90% des besoins énergétiques sont importés, cette remontée des prix pourrait rapidement alourdir la facture énergétique, peser sur la balance commerciale et se répercuter sur les prix des carburants et le pouvoir d’achat des ménages. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News Hebdo.

Le 16/03/2026 à 19h26

Les cours du pétrole repartent à la hausse sur les marchés internationaux. Le baril de Brent se rapproche désormais de 100 dollars, portés par les tensions persistantes au Moyen-Orient qui ravivent les inquiétudes autour d’un possible choc énergétique mondial. Cette remontée des prix intervient dans un contexte géopolitique particulièrement fragile, où la moindre perturbation des flux pétroliers peut provoquer de fortes réactions sur les marchés. Pour des pays fortement dépendants des importations d’hydrocarbures, comme le Maroc, cette évolution pourrait rapidement se traduire par des répercussions économiques concrètes.

L’économie marocaine demeure en effet largement tributaire des approvisionnements énergétiques extérieurs, indique le magazine Finances News Hebdo. Selon les données du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, près de 90% des besoins énergétiques du Royaume sont couverts par des importations, essentiellement sous forme de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés. Cette dépendance structurelle expose le pays aux fluctuations des prix internationaux, rendant l’équilibre économique particulièrement sensible aux variations du baril. Chaque augmentation significative des cours du pétrole se traduit mécaniquement par une hausse de la facture énergétique nationale.

Les statistiques publiées par l’Office des Changes indiquent que celle-ci a atteint environ 107,5 milliards de dirhams en 2025. Même si ce montant reste inférieur aux niveaux enregistrés lors des épisodes les plus aigus de volatilité pétrolière, il représente néanmoins une part importante des importations globales du pays. Lorsque les prix du pétrole progressent rapidement, la facture énergétique s’alourdit dans les mêmes proportions, contribuant à creuser le déficit commercial et à accentuer les pressions sur les équilibres extérieurs. Au-delà des indicateurs macroéconomiques, la hausse des cours du pétrole pourrait aussi se faire sentir dans la vie quotidienne des ménages et dans l’ensemble du tissu économique. Les prix des carburants constituent en effet l’un des premiers canaux de transmission des fluctuations pétrolières.

Selon les professionnels du secteur de la distribution, le prix du gasoil pourrait connaître une nouvelle augmentation dans les prochaines semaines et s’approcher de 13 dirhams le litre, soit environ deux dirhams de plus par rapport aux niveaux actuels. Une telle évolution pèserait directement sur les coûts du transport routier, principal mode de circulation des marchandises au Maroc. Cette hausse des coûts logistiques pourrait ensuite se répercuter sur l’ensemble de la chaîne de production et de distribution, alimentant progressivement les prix à la consommation. Les entreprises de transport, les agriculteurs, les industriels et les commerçants sont particulièrement sensibles aux variations du prix du carburant, qui constitue une composante importante de leurs charges d’exploitation.

Dans un contexte où les ménages restent déjà confrontés à une inflation persistante, même si elle demeure relativement modérée avec un indice des prix à la consommation oscillant entre 0,3% et 0,8%, une nouvelle augmentation du coût de l’énergie pourrait accentuer les tensions sur le pouvoir d’achat, écrit Finances News Hebdo. À l’échelle mondiale, les marchés pétroliers demeurent extrêmement réactifs aux développements géopolitiques, en particulier dans les zones stratégiques de production et de transit des hydrocarbures. Le Moyen-Orient reste au cœur de ces préoccupations. Le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique situé entre l’Iran et la péninsule arabique, concentre une part essentielle du commerce mondial de pétrole. Environ 20% du pétrole consommé dans le monde transite par ce corridor maritime.

Toute escalade militaire ou perturbation du trafic dans cette zone aurait des conséquences immédiates sur l’offre mondiale et sur les prix du brut. Dans les scénarios les plus pessimistes évoqués par certains analystes, une perturbation durable de ces flux pourrait provoquer une flambée bien plus marquée des cours. Pour le Maroc, l’augmentation des prix du pétrole agit comme un facteur aggravant des déséquilibres extérieurs. Le Royaume reste structurellement importateur net d’énergie, et dépend largement des marchés internationaux pour sécuriser son approvisionnement. Dans ce contexte, chaque hausse du baril se traduit par une augmentation mécanique de la valeur des importations énergétiques, ce qui contribue à élargir le déficit commercial. Les économistes soulignent régulièrement que la balance commerciale marocaine est fortement corrélée aux fluctuations des prix de l’énergie, en raison du poids important des hydrocarbures dans les importations.

Cette situation renforce l’importance stratégique de la sécurité énergétique pour l’économie nationale, ajoute Finances News Hebdo. Conscient de cette vulnérabilité, le Maroc a engagé depuis plusieurs années une politique ambitieuse de diversification de son mix énergétique. Le développement des énergies renouvelables occupe une place centrale dans cette stratégie. Grâce à de grands projets solaires, éoliens et hydrauliques, les capacités installées dans ces filières représentent aujourd’hui environ 45% du mix électrique national. Les autorités visent désormais un objectif de 52% de capacités renouvelables à l’horizon 2030. Au-delà des engagements climatiques, cette orientation répond également à une logique économique.

En réduisant progressivement la dépendance aux hydrocarbures importés, le Maroc cherche à renforcer la résilience de son économie face aux chocs énergétiques internationaux. Toutefois, cette transition nécessite encore du temps et des investissements importants. À court terme, l’évolution de la facture énergétique du pays dépendra largement de la trajectoire des prix du pétrole, elle-même étroitement liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux décisions des grands pays producteurs concernant l’équilibre de l’offre mondiale.

Par La Rédaction
Le 16/03/2026 à 19h26