À la tête de la Trésorerie générale du Royaume (TGR) depuis avril 2010, Noureddine Bensouda s’apprête à quitter ses fonctions. Selon nos informations, il aurait fait part ce matin à son entourage de sa volonté de faire valoir ses droits à la retraite.
Ce départ intervient dans une période charnière pour l’institution, marquée par la mise en œuvre complexe de la réforme du recouvrement des taxes locales. Ce chantier d’envergure, qui suscite certaines tensions, prévoit le transfert progressif de cette compétence vers les collectivités territoriales. Pour mener à bien cette mission, ces dernières devront procéder à la création de 92 perceptions communales afin d’assurer la continuité et l’efficacité de la collecte.
Bien que les autorités présentent cette évolution comme un levier majeur de territorialisation de la gestion fiscale et un gage de proximité avec les contribuables, la transition suscite de vives inquiétudes au sein des équipes de la TGR. Plusieurs organisations syndicales ont exprimé leur mécontentement quant aux modalités d’application de la réforme, pointant du doigt un manque de visibilité sur les conditions de transfert du personnel, des moyens logistiques et des responsabilités juridiques.
Cette phase de mutation a d’ailleurs engendré des épisodes de tension, marqués par des scènes d’évacuation forcée dans certaines perceptions directement impactées par la réorganisation.
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C’est un secret de Polichinelle: Noureddine Bensouda n’était manifestement pas en phase avec les modalités d’application de cette réforme. Lors d’une rencontre avec les représentants du Syndicat national des finances, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), il a tenu à clarifier la situation. Le Trésorier général a assuré que les missions fondamentales de la TGR en matière de recouvrement, de comptabilité, de contrôle et de financement du budget de l’État demeuraient inchangées. En rappelant que les attributions fixées par le décret organisant le ministère de l’Économie et des Finances n’avaient subi aucune modification, il a tenté de dissiper les craintes d’un dessaisissement progressif de l’institution.
Pour le Syndicat national des finances, cette prise de parole rompt avec une période marquée par l’opacité et un déficit de communication. Dans un communiqué, l’organisation a souligné avoir hautement apprécié la démarche de Noureddine Bensouda, saluant son ouverture au dialogue ainsi que sa volonté d’apporter des réponses précises aux inquiétudes des agents.
Le départ de Noureddine Bensouda marque ainsi un tournant pour la TGR, pièce maîtresse de la gestion financière de l’État et des collectivités. L’enjeu réside désormais dans l’orientation qui sera donnée à cette institution stratégique, alors que la transformation de la gouvernance financière territoriale se poursuit dans un climat social encore empreint de crispations.






