IA: le Maroc mise sur l’innovation industrielle pour accélérer sa transformation

L'IA, pourrait permettre au Royaume de renforcer son positionnement industriel et de viser une contribution de 10 milliards de dollars au PIB d’ici 2030.

Revue de presseRéunis à Casablanca à l’occasion de la première édition du World Advanced Manufacturing & Future Mobility Exhibition Morocco, experts, industriels et décideurs ont mis en avant le potentiel encore sous-exploité de l’intelligence artificielle. Présentée comme un levier stratégique de compétitivité et de croissance, cette technologie pourrait permettre au Royaume de renforcer son positionnement industriel et de viser une contribution de 10 milliards de dollars au PIB d’ici 2030. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 21/01/2026 à 20h28

Casablanca accueille jusqu’au 22 janvier la première édition du World Advanced Manufacturing & Future Mobility Exhibition Morocco (WAM), un rendez-vous qui met en lumière les profondes mutations à l’œuvre dans l’industrie mondiale et le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les stratégies de développement des pays émergents. «Réunissant des acteurs de l’industrie 4.0, des experts du numérique et des décideurs publics, l’événement a donné lieu à de nombreux échanges autour de la mobilité du futur, de l’innovation industrielle et des opportunités offertes par les technologies avancées», indique le quotidien L’Économiste dans son édition du jeudi 22 janvier.

Au cœur des débats, l’intelligence artificielle s’impose comme un levier stratégique encore insuffisamment exploité par les économies émergentes, malgré son potentiel considérable. Plusieurs intervenants ont souligné que l’IA peut agir comme un catalyseur de croissance, à condition de faire l’objet d’investissements précoces et ciblés. «Ceux qui investissent aujourd’hui bénéficieront demain d’un avantage comparatif décisif», a affirmé Mounir Sada, fondateur d’AI-Ré, une entreprise spécialisée dans l’évaluation et l’atténuation des risques géopolitiques à l’aide de solutions d’IA. Selon lui, il n’est pas indispensable pour des pays comme le Maroc de se lancer dans la course aux grands modèles de langage développés par les géants mondiaux. Les ressources technologiques existantes permettent déjà de concevoir des applications adaptées aux réalités locales et aux besoins spécifiques des administrations et des entreprises.

Au Maroc, le développement de l’intelligence artificielle s’inscrit dans une dynamique encore naissante, à la croisée d’ambitions affirmées de modernisation de l’État et de contraintes structurelles persistantes. Ces dernières années, le Royaume a multiplié les initiatives en matière de numérisation, notamment dans l’administration publique, la finance et les services. Toutefois, l’IA reste principalement portée par un écosystème composé de start-up, de centres de recherche universitaires et de quelques grands groupes, souvent en partenariat avec des acteurs étrangers. Les autorités marocaines misent néanmoins sur cette technologie pour stimuler la croissance économique, avec un objectif annoncé d’une augmentation de 10 milliards de dollars du produit intérieur brut grâce à l’IA à l’horizon 2030. Cette perspective alimente l’espoir de voir émerger des emplois qualifiés et de positionner le pays comme un pôle technologique de référence sur le continent africain.

Le salon WAM Morocco se veut, dans ce contexte, une vitrine de la fabrication avancée et de la mobilité future. Il réunit plus d’une centaine d’exposants issus de plus de 18 pays, parmi lesquels les États-Unis, la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, les Pays-Bas, mais aussi l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Vietnam. Plusieurs grands groupes internationaux, dont SAP, Sumitomo Corporation, ENGIE, Vigel et Zoho Corporation, participent pour la première fois à une exposition manufacturière au Maroc, témoignant de l’attractivité croissante du pays dans les chaînes de valeur industrielles mondiales.

«Au-delà des enjeux nationaux, les discussions ont également mis en évidence la dimension globale des défis liés à l’intelligence artificielle», relève L’Économiste. Pour Mehdi Snene, responsable du programme IA et numérique à l’Organisation des Nations unies, cette technologie pose des questions comparables à celles du changement climatique et appelle une coordination internationale renforcée. Il a rappelé l’adoption récente du Global Digital Compact, premier accord multilatéral visant à établir un cadre commun pour la gouvernance du numérique et de l’IA. Selon lui, l’intelligence artificielle constitue désormais un levier majeur de transformation industrielle, capable d’offrir aux économies émergentes une opportunité décisive de montée en gamme et de renforcement de leur compétitivité. Il a également souligné que l’impact de l’IA dépasse largement l’automatisation de tâches, en redéfinissant l’ensemble de la chaîne de valeur industrielle et les processus de production.

Cette vision est partagée par les acteurs du numérique au Maroc. Redouane El Haloui, président de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring, a insisté sur le rôle central du digital dans la transformation industrielle. Selon lui, «l’IA ne peut être pleinement exploitée sans une stratégie numérique cohérente et une gestion rigoureuse de la donnée». Il a appelé à renforcer les passerelles entre les activités d’offshoring, la formation d’ingénieurs spécialisés en intelligence artificielle et le développement de start-up innovantes, afin de structurer un écosystème capable de soutenir durablement l’ambition technologique du Royaume.

Par La Rédaction
Le 21/01/2026 à 20h28