Le tissu entrepreneurial marocain, en particulier les entreprises liées à la commande publique, subit de plein fouet un assèchement sans précédent de sa trésorerie. L’aggravation de la crise de liquidités et l’amoncellement des créances impayées ont plongé un grand nombre d’entre elles dans une détresse financière aiguë.
Si les pouvoirs publics ont finalement procédé à des injections de fonds, notamment dans les établissements de l’Education nationale, ces ressources, aussi tardives que limitées, ont le plus souvent été détournées de leur objet initial, relaie Al Akhbar de ce mardi 13 janvier. Priorité a été donnée au versement des primes des fonctionnaires, reléguant au second plan le règlement des factures des fournisseurs et prestataires. Ce qui n’était perçu que comme un dysfonctionnement administratif ponctuel a désormais muté en une crise structurelle, mettant en péril la survie même de milliers de structures.
Les PME, colonne vertébrale de l’économie, sont les premières sacrifiées. Dépendantes d’une trésorerie fluide pour honorer salaires, dettes fournisseurs et échéances bancaires, elles se retrouvent prises en tenaille: une administration publique dont les retards de paiement s’éternisent, et un secteur bancaire lui-même confronté à une pénurie de ressources, rendant tout financement alternatif extrêmement onéreux, voire inaccessible.
Dans ce climat de tension extrême, des sources professionnelles avertissent qu’une «vague de faillites silencieuses» gagne déjà plusieurs secteurs vitaux. En signe de protestation contre ce qu’elles qualifient de «marginalisation, favoritisme et discrimination», des organisations patronales envisagent de tenir des sit-in dans les prochaines semaines.
Les conséquences, si la situation perdurait, seraient dramatiques: un effondrement en chaîne des circuits d’approvisionnement, l’arrêt brutal de projets essentiels et une hémorragie d’emplois. Cette crise survient dans un contexte économique national déjà fragilisé par le ralentissement de l’investissement privé, le renchérissement du crédit et une pression fiscale élevée, écrit Al Akhbar.
Plus grave encore, soulignent les observateurs, la crise de liquidité a irrémédiablement évolué en une crise de confiance, sapant la crédibilité du système de paiement public et érodant les fondements de la stabilité nécessaire à tout climat des affaires sain.








