Biogaz: Un business qui ne décolle pas

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Revue de presseKiosque360. Le biogaz, une énergie renouvelable produite à partir de déchets, offre de nombreux avantages, notamment une compétitivité en termes de prix. Comparé à l'éolien et au solaire, il reste cependant peu valorisé au Maroc. Or, non traité, le biogaz est 21 fois plus nocif que le CO2.

Le 26/10/2015 à 00h00

Inattendu et, pourtant, largement justifié. En marge de la 7ème édition du salon Pollutec Maroc 2015, les groupes Clarke Energy et Ecomed ont remporté le trophée de la réalisation exemplaire. A travers ces deux sociétés, c'est donc le biogaz, en tant qu'énergie renouvelable, qui a gagné. C'est notamment par la valorisation du biogaz provenant des déchets de la décharge de Fès que les entreprises en question se sont démarquées, précise l'Economiste dans son édition du 26 octobre.

Au Maroc, les déchets et l'énergie sont gérés par deux départements différents au niveau des ministères de tutelle. L'énergie renouvelable peut d'ailleurs être produite par différentes sources: l'éolien, le solaire et, bien sûr, les déchets. Mais, dans le Royaume, seules les deux premières sources sont assez développées. Les déchets, qui peuvent produire du biogaz, mais sont encore bien peu valorisés. Or, non valorisés, ils peuvent se transformer en énergie nocive et devenir plus dangereux que les autres ressources.

Pour l'instant, l'éolien et le solaire représentent des centaines de MW, contre le biogaz qui n'en représente qu'une dizaine. Cependant, en termes de kilowatts produits par an, le CH4 (biogaz) est tout aussi important. L'éolien et le solaire sont à 1.500 heures à pleine charge, le biogaz en est à 8.760.

Mais, pour produire plus de biogaz, la structure des déchets doit, à la base, être bien enveloppée pour récupérer le CH4 et l'utiliser dans les moteurs. Par la suite, le prix doit être négocié au même montant que celui des autres énergies renouvelables. A moins de 100 DH la tonne et avec la chute des prix des crédits carbone, l'exploitant de décharge ne réalise pas assez de bénéfices pour réinvestir et améliorer en continu son service pour la commune. La valorisation du biogaz peut alors devenir une source de revenu intéressante pour l'exploitant. En Europe par exemple, la tonne de déchets est vendue à près de 200 euros.

Pour le moment, il n'y a pas encore de statut pour le biogaz au Maroc. La contrainte réside aussi dans le marché local. Si, aujourd'hui, on achète de l'éolien ou du solaire à un certain prix, il n'y a pas de raison d'acheter le kWh produit à partir du biogaz à 0,5 seulement. Alors qu'en Angleterre la population s'élève à 53 millions d'habitants et produit plus de 1000 MW à partir des déchets, le Maroc pourrait donc produire 500 MW.

Par Sanae El Asrawi
Le 26/10/2015 à 00h00