Barrage Bouhouda: le cap des 106% franchi, un record pour la province de Taounate

Le barrage Bouhouda à Taounate. (Y.Jaoual/Le360)

Le 15/02/2026 à 12h25

VidéoAffichant un taux de remplissage record de 106%, le barrage Bouhouda, dans la province de Taounate, caracole en tête des retenues les plus remplies du bassin de Sebou. Depuis début décembre, le volume stocké a dépassé 48 millions de m³, permettant non seulement de sécuriser l’eau potable locale mais aussi d’alimenter massivement le barrage Al Wahda situé en aval.

Propulsé par un taux de remplissage atteignant 106%, le barrage Bouhouda s’affirme comme l’une des infrastructures les plus réactives du bassin de Sebou. Situé dans la province de Taounate, à environ 15 kilomètres au nord du centre urbain, cet ouvrage a rapidement atteint sa pleine capacité sous l’effet des dernières précipitations.

Considéré comme l’un des barrages les plus importants de la région Fès-Meknès, ce monument hydraulique a été mis en service en 1998 sur l’oued Asra, l’un des affluents essentiels de l’oued Ouergha. Sur le plan technique, l’infrastructure se distingue par un barrage principal s’étendant sur une longueur de 173 mètres et culminant à une hauteur de 55 mètres.

Sa capacité de stockage actuelle de 44,8 millions de mètres cubes est régulièrement sollicitée par un bassin versant s’étendant sur une superficie d’environ 478 km².

Dans une déclaration accordée à Le360, Noureddine Serghini, responsable à l’Agence du bassin hydraulique du Sebou (ABHS), précise que la saturation rapide de ce barrage est structurelle. «Parmi les 12 barrages du bassin de Sebou, Bouhouda est l’un des premiers à déborder dès le début de la saison des pluies, en raison de sa petite capacité de stockage par rapport à la moyenne annuelle des apports qu’il reçoit», précise-t-il.

Depuis décembre dernier, le cumul pluviométrique exceptionnel de 885 mm a propulsé le stock de 32 millions de m³ (72%) à plus de 48 millions de m³. Cette dynamique a engendré une situation de déversement ininterrompu amorcée le 24 décembre, laquelle s’est prolongée pendant 46 jours.

Selon Noureddine Serghini, la gestion de cet excédent a été rigoureusement contrôlée: «Le volume total évacué à ce jour a atteint 774 millions de mètres cubes, une quantité qui a été intégralement récupérée par le barrage Al Wahda situé en aval».

Sur le plan agricole, le barrage constitue le poumon économique de la zone. Il assure l’irrigation d’un périmètre de 1.500 hectares situé en aval, garantissant ainsi la pérennité des cultures locales. Au-delà de sa fonction nourricière, l’ouvrage remplit une mission de protection stratégique, en retenant les sédiments, il limite l’envasement du barrage Al Wahda, sécurisant ainsi les grandes structures hydrauliques situées en aval du bassin.

Face à la récurrence de ces apports massifs qui excèdent les capacités actuelles, l’avenir de l’ouvrage passe par une extension d’envergure. «Une opération de surélévation est prévue pour l’année prochaine. Sa capacité sera multipliée par 12 à 14 pour atteindre environ 600 millions de mètres cubes», annonce Noureddine Serghini.

Ce volume cible permettra de retenir l’équivalent de la moyenne des apports annuels de l’oued Asra. En complément, des études sont en cours pour l’interconnexion avec le barrage Sahla, à 20 kilomètres de là, afin de consolider durablement la sécurité hydrique de la province de Taounat.

Par Youssra Jaoual
Le 15/02/2026 à 12h25