Aïd El Kébir: le marché du bétail en reprise après la sécheresse

Des moutons de la race «Sardi». (S. Bouchrit / Le360)

Revue de presseAprès l’annulation de la fête l’an dernier à cause de la sécheresse, le marché du bétail au Maroc se redresse. Grâce à la reconstitution du cheptel, à l’abondance des pâturages et aux importations stratégiques, l’offre devrait couvrir la demande nationale et permettre des prix plus stables pour les ménages lors de l’Aïd El Kébir. Cet article est une revue tirée du quotidien L’Economiste.

Le 24/03/2026 à 20h08

Au Maroc, après le mois de jeûne et la célébration de l’Aïd al-Fitr, l’attention des ménages se tourne déjà vers le rituel du sacrifice de l’Aïd El Kébir, l’une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman. Cette tradition, qui mobilise chaque année des millions de familles et d’éleveurs, symbolise non seulement un acte religieux majeur, mais aussi un moment clé pour l’économie rurale. Selon les calculs astronomiques, l’Aïd El Kébir devrait être célébré cette année le 27 mai, sous réserve de la confirmation par l’observation lunaire du ministère des Habous. Les préparatifs ont déjà commencé dans les élevages à travers le pays, particulièrement après l’annulation du sacrifice l’an dernier, qui avait été fortement perturbé par la sécheresse.

«Les perspectives semblent cette année plus favorables», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 25 mars. Les précipitations exceptionnelles des derniers mois ont enrichi les pâturages et amélioré la disponibilité des fourrages, contribuant à une reconstitution notable du cheptel national, qui dépasse désormais 32,8 millions de têtes pour les ovins et caprins, selon les derniers recensements officiels. Le Maroc continue également d’importer du bétail depuis l’Espagne, le Portugal et la Roumanie, afin de stabiliser le marché et limiter les risques de spéculation. Avec une demande nationale estimée entre 5,5 et 6 millions de têtes pour l’Aïd, l’offre devrait donc être largement suffisante pour répondre aux besoins des ménages.

«Cette conjoncture favorable laisse envisager des prix relativement abordables. Les experts prévoient que le coût d’un mouton de taille moyenne, pesant entre 40 et 50 kg, se situera en moyenne entre 3 000 et 4 000 dirhams, en légère baisse par rapport aux niveaux record enregistrés en 2024», précise L’Economiste. Cependant, plusieurs facteurs pourraient encore influencer le marché. Le coût des aliments pour le bétail, les frais de transport et la volonté de certains éleveurs de compenser l’absence de recettes de l’année précédente peuvent provoquer des fluctuations, voire des hausses ponctuelles des prix.

Pour limiter ces risques et garantir un déroulement harmonieux de la fête, le ministère de l’Agriculture appelle à la mobilisation des éleveurs et des agriculteurs, soulignant l’importance de leur adhésion totale à l’opération. Depuis le 24 mars, une campagne nationale de contrôle a été lancée pour vérifier le maintien des femelles reproductrices ovines et caprines recensées entre le 26 juin et le 11 août 2025, identifiées par des boucles. Cette opération permettra également de verser la deuxième tranche de l’aide directe aux éleveurs, suivant les mêmes modalités que la première tranche, afin de soutenir l’économie rurale et sécuriser l’approvisionnement pour la fête.

Dans ce contexte, l’Aïd El Kébir s’annonce comme un événement crucial non seulement sur le plan religieux, mais également pour le tissu économique et social du monde rural marocain, où le sacrifice du mouton reste une tradition profondément ancrée et un moteur essentiel des revenus agricoles.

Par La Rédaction
Le 24/03/2026 à 20h08