Tahar Ben Jelloun perce le mystère de la lumière à la galerie d’art L’Atelier 21

Tahar Ben Jelloun à la galerie d'art L'Atelier 21, pour son exposition Au gré de la lumière. (K.Essalak/Le360)

Le 28/01/2026 à 18h34

VidéoDu 27 janvier au 7 mars 2026, la galerie d’art L’Atelier 21 accueille la nouvelle exposition de l’artiste peintre Tahar Ben Jelloun, «Au gré de la lumière», laquelle réunit une série de dix vitraux réalisés à partir de ses peintures par le maître verrier Philippe Brissy.

La galerie d’art L’Atelier 21 à Casablanca se pare d’une lumière transcendante et des couleurs éclatantes propres à la palette de Tahar Ben Jelloun. Gaie, solaire, spirituelle, l’exposition «Au gré de la lumière» nous plonge dans l’univers de l’artiste peintre, dans ses souvenirs d’enfance tangérois au doux parfum méditerranéen, dans le bleu de cette immensité azuréenne qui épouse les flots de l’Atlantique et qui n’a eu de cesse d’inspirer tant l’artiste peintre que l’écrivain.

Sur les cimaises de la galerie se côtoient en un doux dialogue des peintures parées de poésie et dix vitraux, comme autant de fenêtres par lesquelles jaillit une lumière douce et qui s’ouvrent sur le monde intérieur de l’artiste. Tahar Ben Jelloun aurait-il réussi à percer le mystère de la lumière, cette quête qui habite son œuvre depuis plusieurs années?

Assurément, l’artiste franchit un pas décisif dans cette recherche constante, en associant le geste pictural à la transparence et l’éclat du vitrail. Les motifs flottent, en apesanteur, comme autant de symboles porteurs d’un langage mystique. Les couleurs explosent, comme autant d’odes à la vie et évoquent en filigrane les fenêtres colorées et uniques des maisons de Fès, où raisonnent encore les rires d’enfant de l’artiste.

La genèse même de ces vitraux puise ses racines dans la spiritualité, car la collaboration entre Tahar Ben Jelloun et Philippe Brissy est née dans une église, pour laquelle le duo a réalisé une série de vitraux, l’un en peignant les cartons, le second en retranscrivant ses toiles en vitrail.

Parée des couleurs de la méditerranée, la petite église du village Le Thoureil, est devenue un symbole, celui de la rencontre de deux mondes au bord de la Loire, mais aussi et surtout, de l’union spirituelle dans sa plus belle expression, celle d’un artiste de culture musulmane offrant le plus beau des cadeaux à un lieu de culte chrétien: la lumière.

C’est précisément de ce travail inspiré et inspirant qu’est né ce nouveau projet, porté par Aziz Daki et Nadia Ammor: réunir pour la deuxième fois ce duo afin de se prêter au même exercice, avec d’autres toiles de l’artiste. Pour concrétiser la chose, il aura fallu une année de travail au maître verrier, à raison d’un mois de travail par vitrail. «Quelque chose de magique est là. La lumière, captée par instinct, éclaire des espaces transparents où, en filigrane, l’enfance nue avec son âme intacte apparaît derrière les signes», explique l’artiste peintre au sujet de ces dix vitraux qui à ses yeux sont «des œuvres vivantes» qu’il convient de «laisser la lumière du ciel les visiter même furtivement».

Galerie d’art L’Atelier 21. 21, rue Abou Mahassine Arrouyani (ex rue Boissy-d’Anglas) Casablanca. Tél : 05 22 98 17 85.

Ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 13h et de 14h30 à 19h.

Par Zineb Ibnouzahir et Khalil Essalak
Le 28/01/2026 à 18h34