Le siège du Groupe TGCC à Casablanca se transforme en phare mémoriel les 13 et 14 mars, à l’occasion d’un hommage rendu au plasticien Abdallah Sadouk, décédé le 15 février dernier à Paris. Durant 48 heures, la façade du bâtiment — œuvre iconique de l’artiste réalisée en 2016 — sera illuminée en sa mémoire.
«Abdallah Sadouk n’était pas seulement un artiste, il était un bâtisseur de formes et d’émotions. En illuminant le siège du Groupe TGCC, nous souhaitons offrir aux Casablancais un moment de recueillement visuel et rendre un hommage à la hauteur de son apport à notre patrimoine culturel», déclare Meryem Bouzoubaa, Présidente de la Fondation TGCC.
Lorsqu’il avait conçu cette structure ornementale, l’artiste avait expliqué sa démarche en ces termes: «Grâce à la formation que j’ai reçue en tant que sculpteur, dessinateur puis peintre depuis 1967, j’ai pu me servir de notions d’architecture et de décoration pour élaborer des bas-reliefs, des découpages et des structures ornementales aboutissant à des formes cohérentes. Il s’agissait pratiquement d’habiller un bâtiment». Il saluait au passage la collaboration avec l’architecte et designer Mohamed Abbassi, avec lequel l’entente avait été immédiate.
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Face à l’ampleur de l’ouvrage, Sadouk avait dû réinventer des formes et des figures adaptées à la façade, en veillant à respecter les proportions et l’harmonie avec le paysage urbain environnant. «Dans mon travail, le paysage demeure le fil conducteur qui me permet d’avoir une grande marge de liberté, afin de traiter tout élément s’intégrant dans un ensemble cohérent et riche — formes géométriques, figurines, fragments calligraphiques et signes», précisait-il.
Né en 1950 à Casablanca, Abdallah Sadouk forge ses premières armes à l’Institut national des beaux-arts de Tétouan entre 1967 et 1970, sous l’égide d’Abdellah Fekhar. Sa soif d’apprentissage le conduit ensuite à Paris, où il suit un parcours d’excellence: l’École nationale supérieure des arts décoratifs, où il se spécialise en sculpture auprès d’Emmanuel Auricoste, puis l’École nationale supérieure des beaux-arts dans l’atelier de Jean-Marie Granier. Ce riche itinéraire académique est couronné par une licence en arts plastiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 1980.
Son langage visuel, nourri d’éléments calligraphiques et de motifs architecturaux, explorait un paysage urbain en constante mutation.








