Tous les articles correspondant à #Protectorat

Archives militaires de Vincennes. Ep. 13. Ifni, avril 1919: la canonnière du contre-ordre
Un télégramme français du 9 avril 1919 signale le départ du gouverneur du Cap Juby vers Ifni, suivi d’une canonnière venue de Las Palmas. Les sources espagnoles confirment une véritable tentative d’occupation, quinze ans avant l’installation de 1934. Elles éclairent surtout la mission du bâtiment de guerre: transmettre l’ordre d’arrêter l’opération. Derrière ce débarquement suspendu apparaît la volonté française de régler le calendrier colonial dans le Sud marocain.
Archives militaires de Vincennes. Ep. 12. Ifni: quand Franco proposait à la France de s’entendre sur le Maroc
Un rapport de l’attaché militaire français à Madrid, daté du 11 juin 1935, éclaire les suites de l’occupation espagnole d’Ifni. Franco, qui n’est pas encore le maître de l’Espagne, y défend les revendications de son pays et propose une collaboration coloniale avec Paris. Derrière les politesses militaires apparaissent les frontières disputées, le contrôle des populations et les intérêts français. Une archive pour relire l’histoire du territoire, de sa prise de possession en 1934 à son retour au Maroc en 1969.
Diapos. Archives militaires de Vincennes. Ep 12. «Conversation avec le général Franco»
Vu du ciel: la ville marocaine qui a oublié l’art de bâtir
Mon regard cherche une place, un jardin, une avenue qui conduirait quelque part, un dôme, un minaret, un monument où il pourrait se poser comme un oiseau sur une branche. Il ne trouve rien. Cette ville ne dessine rien: elle s’additionne, cube après cube, jusqu’à se perdre dans la brume de l’horizon. Par Mohamed Métalsi, urbaniste, docteur en esthétique, historien d’art, chercheur, ancien directeur des actions culturelles de l’Institut du monde arabe de Paris et ancien doyen de la Faculté Euromed des SHS de Fès.
Archives militaires de Vincennes. Ep. 8: la mort du sultan Moulay Hassan Ier ravive les convoitises de l’Algérie française sur le Sahara
Le 14 juin 1894, moins de dix jours après la mort du sultan Moulay Hassan Ier, le gouverneur général de l’Algérie, Jules Cambon, adresse au ministre français des Affaires étrangères un rapport qui est aussi un programme d’action. Le Touat et In Salah y apparaissent comme des territoires que la France ne contrôle pas encore, mais qu’elle cherche à détacher de l’Empire chérifien par des négociations secrètes avec des gouverneurs marocains, sans renoncer à la force. Sous la plume de Cambon, le Touat n’est ni une dépendance algérienne ni un désert sans maître, mais un territoire qu’il faut stratégiquement placer sous «protectorat» au moment où la mort de Moulay Hassan lui paraît offrir l’occasion d’avancer.
Quelle est l’ancienneté historique de l’État algérien?
Là est toute la différence avec le Maroc qui existait plus de mille ans avant le protectorat qui ne fut qu’une parenthèse dans son histoire millénaire. Or, la seule évocation de cet état de fait déclenche trop souvent des réactions émotionnelles chez certains intellectuels algériens dont le comportement est moins nationaliste que chauvin, ce qui n’est pas la même chose.
Parution. «Les généraux français et le Maroc: de la pacification à l’administration (1903-1955)» de Farid Bahri
Farid Bahri relit le Protectorat français à partir de ses hommes en uniforme. Lyautey, Pétain, Noguès, Juin, Guillaume et leurs lieutenants y sont convoqués comme des chefs de guerre, mais également comme des architectes de territoire, des producteurs d’ordre, des administrateurs de souveraineté diminuée. Derrière l’euphémisme colonial de la «pacification», l’essai met au jour une continuité plus dure: la conquête militaire fabrique l’administration, puis l’administration prolonge la conquête par d’autres moyens.
France-Maroc: autour du traité de l’amitié
Dans le débat diplomatique, l’idée d’un traité d’amitié entre la France et le Maroc est revenue sur le devant de la scène à la faveur du rapprochement engagé en 2024, notamment après la reconnaissance par Paris de la pleine souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes recouvrées.
Archives françaises: «Sahara orano-marocain», le trait d’union qui précéda la frontière
Avant que le rail, les postes militaires et la cartographie administrative ne figent les confins entre le Maroc et l’Algérie française, les sources coloniales employaient une expression aujourd’hui presque oubliée: «Sahara orano-marocain». Loin d’être une curiosité lexicale, ce syntagme désignait Kenadsa, Béchar, les vallées du Guir, de la Zousfana et de la Saoura comme les éléments d’un espace perçu dans sa continuité marocaine, avant d’être conquis, redéfini puis intégré à l’Algérie.
Sahara oriental: l’affaire des «incursions venues du Maroc» documentée durant la conquête française
Les documents militaires français du début du 20ᵉ siècle éclairent avec précision l’engagement de renforts marocains dépêchés par le sultan Moulay Abdelaziz ben Hassan contre la conquête française du Sahara oriental. Ils dessinent une zone saharienne étroitement reliée au Maroc et rapportent des affrontements soutenus par des troupes venues de l’Empire chérifien.