Tous les articles correspondant à #parution

Billet littéraire KS. Ep 78. «Comme pour se battre», d’Hélène Lotito, ou l’impossible dédoublement
Hélène Lotito choisit d’entrer dans la décennie noire algérienne par un endroit plus fragile et plus juste: la voix d’une enfant. Nana regarde, écoute, recueille des bribes, sans toujours comprendre ce qui se trame autour d’elle. Entre Alger et la banlieue parisienne, le livre suit moins un simple itinéraire d’exil qu’une manière de grandir dans la cassure, avec, au centre, le lien incandescent qui unit deux sœurs.
Billet littéraire KS. Ep 77. «Le soleil se lève deux fois», de Soundouss Chraïbi, ou la maison des silences
Entre souvenirs incertains, transmission contrariée et poids des non-dits, le premier roman de la marocaine Soundouss Chraïbi explore la mémoire familiale comme un territoire instable. Au-delà du huis clos, c’est toute une réflexion sur l’identité, le temps et l’héritage invisible qui se déploie.
Billet littéraire KS. Ep 76. «Les cailles en automne», de Naguib Mahfouz, ou la solitude d’un vaincu
Que devient un homme lorsque l’Histoire détruit le monde auquel il appartient? Dans «Les cailles en automne», roman publié en arabe en 1962 et aujourd’hui édité en français par Actes Sud, Naguib Mahfouz raconte la lente déchéance d’Issa al-Dabbagh, haut fonctionnaire cairote déclassé par la révolution de 1952 et livre une réflexion philosophique éblouissante sur la destinée humaine.
Parution. «Abdelkrim Ouazzani», l’art en liberté: comment Mohamed Métalsi révèle l’âme d’un peintre-sculpteur sans frontières
Porté par un texte éblouissant de Mohamed Métalsi, le beau-livre consacré au peintre Abdelkrim Ouazzani s’impose comme une œuvre poétique d’une rare beauté. Bien plus qu’une monographie exhaustive, l’ouvrage éclaire avec profondeur l’univers onirique et la biographie du plasticien marocain qui a fait éclater les cadres, mêlé peinture et sculpture, et transformé les objets, les animaux et la couleur en langage sensible du monde.
Kebir Mustapha Ammi, faire de la mémoire un continent
Dans «Chants pour l’Afrique et les continents qui n’ont pas peur», Kebir Mustapha Ammi fait de l’Afrique un territoire intérieur, vibrant de mémoire, de blessures et d’espérance. À la croisée de la poésie, du chant et du récit, sa parole tisse l’histoire collective à l’émotion intime. Le texte, charnel et engagé, affirme une poésie qui résiste, qui dit le vrai, et qui invite le lecteur à une traversée lente et lucide des paysages du souvenir.
Parution. «Le Maroc à tire d’aile», ou l’avifaune comme récit national
«Le Maroc à tire d’aile» propose bien plus qu’un inventaire illustré d’oiseaux. À travers près de 300 photographies et une synthèse scientifique accessible, l’ouvrage fait de l’avifaune un miroir du territoire, révélant un pays-carrefour où migrations, paysages et enjeux de conservation composent un récit national à hauteur d’aile.
L’INPPLC fait de la culture un rempart contre la corruption
Dans une démarche inédite, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) élargit son champ d’action en investissant la scène intellectuelle et artistique. À l’occasion de la présentation de l’ouvrage collectif «Fissures du sens… Écrits contre la corruption», son président, Mohamed Benalilou, a souligné la nécessité d’élever le débat au-delà des seuls dispositifs répressifs pour interroger les fondements éthiques, culturels et politiques du phénomène. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.
«IMMA, une femme improbable»: mémoire, modernité et émancipation dans le nouveau roman d’Abdellah Ben Mlih
Dans ce texte signé Mohamed Métalsi, ancien directeur culturel de l’Institut du monde arabe (IMA) et fin connaisseur du patrimoine marocain, la parution du roman «IMMA, une femme improbable» d’Abdellah Ben Mlih est analysée comme une œuvre mêlant héritage culturel, réflexion sociologique et interrogation sur les mutations de la société marocaine. À travers la figure d’Imma, l’auteur interroge la capacité d’une société à se transformer sans se renier et nous invite à repenser la place de la mémoire, de la femme, de la tradition et de la modernité dans nos sociétés.
Parution. «La Résidence» de Laurent Crassat, ou la fabrique intime de l’empire français
Ni roman pur, ni simple essai historique, «La Résidence» explore les conquêtes du Maroc et de l’Algérie à travers les coulisses humaines de l’Histoire. Laurent Crassat y oppose deux modèles coloniaux — l’annexion brutale en Algérie, le protectorat encadré au Maroc — en faisant dialoguer salons feutrés, lettres secrètes, regards d’artistes et décisions d’État. Une fresque où l’alcôve précède le canon, et où la «résidence» devient le symbole d’un pouvoir qui s’installe.
Une maison pleine
«Le soleil se lève deux fois» est le premier roman de Soundouss Chraïbi. Soundouss est de ma famille. C’est la fille de l’un de mes neveux. Je dois vous dire qu’à aucun moment je n’ai ni lu ni eu vent de ce roman. Je ne suis intervenu nulle part pour qu’il soit publié. C’est en toute transparence et en toute sincérité que je recommande aujourd’hui la lecture d’un premier roman courageux, écrit avec rigueur et exigence.