Une peine alternative remplace la prison ferme pour le streamer Ilyass El Maliki

Ilyas El Maliki.

Revue de presseLe streamer Ilyas El Maliki, poursuivi pour plusieurs infractions liées au numérique et à la drogue, a vu sa condamnation à de la prison ferme commuée en une peine de 900 heures de travaux d’intérêt général par le tribunal de première instance d’El Jadida. La justice a écarté les charges les plus lourdes, estimant que ses éléments constitutifs n’étaient pas réunis, permettant au jeune homme de recouvrer prochainement sa liberté de mouvements. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 01/01/2026 à 19h11

La Chambre correctionnelle du tribunal de première instance de El Jadida a clôturé mardi dernier l’affaire concernant le streamer Ilyas El Maliki, poursuivi en état de détention. Le tribunal a prononcé à son encontre une peine de dix mois de prison ferme pour la partie principale de sa condamnation, et le versement d’une amende de 20.000 dirhams, tout en le condamnant à s’acquitter des frais de procédure. En ce qui concerne sa peine alternative, la même juridiction a décidé de commuer la peine de prison ferme à laquelle il avait été condamné en des travaux d’intérêt général d’un total de 900 heures, assortis d’une amende à reverser de 500 dirhams quotidiennement, pour chaque jour de la peine initiale à laquelle il avait été condamné, et qu’il n’a pas effectué, indique Assabah de ce vendredi 2 janvier. Le tribunal a précisé que le non-respect de cette peine alternative entraînerait l’exécution immédiate de la peine de prison initialement prononcée.

Ilyas El Maliki comparaissait devant le tribunal avec un lourd dossier, comprenant 23 chefs d’accusation, dont de la «prostitution», de la «corruption de mineurs», ou encore des infractions liées à ses activités sur les réseaux sociaux: «injures», «diffamation» et «atteintes à la réputation d’autrui».

Après huit heures de procès, le tribunal l’a reconnu coupable de la «diffusion» et de la «distribution» de «fausses informations visant à porter atteinte à la vie privée» et à «diffamer des personnes», d’«injures publiques», ainsi que de faits de «harcèlement envers une femme en raison de son genre», d’«incitation à la discrimination», de «publication de contenus manipulés incluant des propos et images de tiers sans leur consentement», d’«atteinte à la religion islamique via une plateforme numérique», de «possession» et de «consommation de stupéfiants» et d’«intrusion [dans un stade] par la force et la tromperie».

Parmi les chefs d’accusations les plus graves dont il a été convaincu, figurait la «corruption» de mineurs ou de personnes à peine majeures, et leur «incitation à la prostitution», passible, selon les dispositions des articles 478 et 494 du Code pénal, d’une peine de dix ans de prison ferme, et d’une amende de 200.000 dirhams. Cependant, la défense d’El Maliki a contesté cette accusation, affirmant que ses éléments constitutifs n’étaient pas réunis. Le tribunal a accédé à cet argument, et a finalement décidé d’écarter ce lourd chef d’accusation, ce qui a permis de réduire la peine de l’accusé, qui était détenu depuis près de deux mois à la prison locale de Sidi Moussa, a-t-on lu dans Assabah.

La Cour n’a pas donné suite aux demandes civiles présentées, estimant que les requérants ne disposaient pas de la qualité juridique nécessaire pour se constituer partie civile. Elle a également rejeté la requête visant à bloquer les chaînes numériques d’El Maliki ou à l’empêcher d’y accéder pour une durée de dix ans. Selon certaines sources, le streamer a accueilli le verdict avec un grand soulagement, un sentiment publiquement partagé sur les réseaux sociaux par sa sœur, qui a remercié les jurés d’avoir considéré cette affaire comme une correction plutôt qu’une sanction, reconnaissant par là qu’El Maliki ne constituait pas un danger pour la société, détaille Assabah.

Concernant la peine alternative, dans les tous prochains jours, après l’accomplissement des formalités légales, Ilyas El Maliki devrait recouvrer la liberté de ses mouvements, après avoir déjà purgé deux peines privatives de liberté par le passé, l’une pour agression» contre le youtubeur Simo Bourkadi et l’autre pour «incitation à la haine» et «discrimination» envers les amazighes. Cette affaire pourrait connaître de nouveaux rebondissements, à cause d’une vidéo qui a fuité sur les réseaux sociaux, contenant des éléments sujets à controverses, susceptibles de nourrir de nouveaux développements judiciaires.

Par le360
Le 01/01/2026 à 19h11