Les services de police de Rabat ont déféré, en début de semaine, un imposteur se faisant passer pour un commissaire devant le procureur du roi. L’individu est suspecté d’avoir escroqué plusieurs jeunes femmes.
L’affaire a éclaté lorsqu’une entrepreneure, victime présumée, a reconnu son prétendu fiancé circulant librement sur un boulevard de la capitale. «Elle a immédiatement alerté le deuxième arrondissement de sûreté de Souissi, indiquant que cet homme, marié et père de famille, était activement recherché pour escroquerie et avait disparu depuis quelque temps», rapporte Assabah de ce vendredi 16 janvier.
Les agents du septième arrondissement se sont rapidement portés sur les lieux et ont procédé à son interpellation, empêchant ainsi toute tentative de fuite. Il est apparu que la plaignante avait déjà déposé une plainte auprès de l’arrondissement de l’Océan, où l’individu a été transféré pour les besoins de l’enquête.
L’examen de son téléphone portable a révélé des photographies compromettantes, le montrant vêtu de costumes élégants lors de cérémonies de fiançailles traditionnelles, en présence des familles. Une perquisition à son domicile, situé dans le quartier Kariat Ouled Moussa à Salé, a permis la saisie de menottes, utilisées pour accréditer sa fausse qualité de commissaire divisionnaire.
Sur ordre du parquet, l’enquête a été élargie, permettant aux enquêteurs de la police judiciaire d’auditionner plusieurs victimes. Cependant, d’autres ont décliné de se présenter pour des raisons personnelles.
Son mode opératoire était rodé: il abordait des jeunes femmes dans des lieux publics ou des cafés, se présentant comme commissaire de police. Interrogé sur l’absence d’uniforme, il prétextait des missions en civil dans des secteurs sensibles, avant d’évoquer rapidement un projet de mariage. Après avoir demandé la main de ses victimes dans différents quartiers de Rabat et de Salé, il leur extorquait cadeaux et argent, avances supposées pour l’organisation de la cérémonie. «Ses visites s’espaçaient ensuite, l’homme invoquant un emploi du temps surchargé et la nécessité d’attendre le moment propice pour finaliser les démarches», note Assabah. Cette affaire rappelle un précédent survenu dans la capitale, où un escroc s’était fait passer pour un ressortissant du Golfe, dupant plusieurs femmes avec la promesse d’un mariage, avant d’être arrêté devant la gare de Rabat-Ville.








