Dans le Grand Agadir, se déplacer d’une ville à l’autre relève de plus en plus du parcours du combattant. Aux heures de pointe, les stations de taxis se transforment en scènes de tension et d’impatience, où les usagers, alignés en longues files, guettent l’arrivée d’un véhicule pouvant les rapprocher de leur destination.
Sous un soleil écrasant ou sous vent et pluie, des hommes et des femmes patientent pendant de longues minutes, voir des heures. Le visage marqué par la fatigue, certains tentent de négocier une place, d’autres scrutent l’horizon dans l’espoir de voir enfin apparaître un taxi. Une réalité devenue banale, mais que beaucoup jugent aujourd’hui insupportable. «La région vit une crise de transport étouffante depuis des années, et personne ne bouge», déclare d’emblée Ridouane Ouri, habitant d’Agadir.
«La situation devient encore plus critique en été avec l’afflux massif de visiteurs, qu’ils soient marocains ou étrangers», ajoute-t-il. Pour lui, ce quotidien est tout simplement «catastrophique» et «inacceptable», surtout lorsque ces difficultés s’imposent matin et soir, sur le chemin du travail.
Dans les stations d’Agadir, d’Inezgane, de Dcheira ou encore d’Aït Melloul, les files interminables sont désormais monnaie courante. Une image qui, selon plusieurs habitants également, porte atteinte à l’attractivité de la région. «Ces scènes donnent une mauvaise image de nos villes et suscitent des interrogations sur ce que proposent les responsables», poursuit Redouane Ouri.
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«Aux heures de pointe, il est presque impossible de trouver un moyen de transport, et les citoyens se retrouvent livrés aux conditions climatiques parfois rudes», confirme-t-il. «Il faut élargir le périmètre d’action des grands taxis entre les villes du Grand Agadir», propose Redouane Ouri. «Il est inconcevable de devoir descendre à Inezgane lorsqu’on part d’Agadir pour Aït Melloul, puis reprendre un autre taxi pour continuer son trajet», conclut-il.
De son côté, Mohamed Amnoun, habitant d’Inezgane, pointe du doigt un manque de régulation. «L’absence de contrôle strict a plongé ce secteur dans une anarchie totale. Il n’existe pas de stations organisées avec des règles claires pour gérer les entrées et sorties des taxis, ce qui aggrave la situation», se plaint-il.
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Pour lui, cette désorganisation ouvre la porte à des pratiques abusives. «Le phénomène de spéculation s’est installé même dans le secteur du transport. Les institutions doivent impérativement intervenir pour encadrer ce domaine et protéger les citoyens», déplore-t-il. «Un contrôle renforcé permettrait de réguler le secteur et de mettre fin aux abus», conclut-il.




