Souss-Massa: des millions de criquets pèlerins menacent les cultures

Un essaim de criquets pèlerins. (Photo d'illustration)

Revue de presseAprès avoir émergé dans l’extrême sud du Maroc, des essaims de criquets pèlerins poursuivent leur progression vers le nord, et se rapprochent dangereusement des périmètres agricoles du Souss-Massa. Alors que les agriculteurs espéraient une saison marquée par le redressement après des années de sécheresse, cette menace acridienne ravive les inquiétudes et mobilise les autorités dans une course contre la montre pour éviter une nouvelle crise agricole. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 25/02/2026 à 19h39

Des nuées de criquets pèlerins continuent, par millions, leur progression vers les villes du centre du Royaume, s’approchant jour après jour des zones agricoles de la région de Souss-Massa, notamment dans les périmètres irrigués et les terres cultivées d’Essaouira, d’Aït Baha et de Taroudant, indique le quotidien Al Akhbar de ce jeudi 26 février. Ayant fait leur apparition il y a deux semaines dans l’extrême sud du pays, à Dakhla, ces insectes nuisibles ont poursuivi leur migration vers le nord, traversant Boujdour puis Laâyoune. Lundi dernier, de premières avancées ont été observées dans les palmeraies de la ville de Guelmim, signe manifeste que leur mouvement se dirige vers le nord. Cette progression «suscite désormais une inquiétude croissante parmi les agriculteurs et producteurs de Souss-Massa», a-t-on pu lire.

Cette année, les agriculteurs de la région avaient favorablement accueilli les indicateurs d’amélioration des réserves en eau pour l’irrigation, après plusieurs années de sécheresse et d’épuisement des puits. Leur espoir résidait dans une campagne agricole à venir prolifique, après une longue période de déficit hydrique aux répercussions lourdes sur le secteur agricole. «Cependant, cette lueur d’optimisme s’est rapidement estompée face à l’avancée des essaims de criquets vers les terres cultivées, menaçant de provoquer une catastrophe si aucune intervention efficace n’est menée dans les zones où ces insectes se multiplient actuellement», indique Al Akhbar.

Les habitants de plusieurs communes de Souss-Massa expriment de plus en plus de préoccupations face à cette menace qui pourrait anéantir les cultures et les arbres fruitiers encore présents. Selon les données disponibles, «des essaims de criquets et de larves ont été observés il y a quelques semaines dans les provinces du sud du pays, provenant du nord de la Mauritanie et du sud de l’Algérie». L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a d’ailleurs alerté les autorités territorialement compétentes à propos de «la multiplication de ces insectes, précisant que la reproduction groupée des criquets pèlerins a déjà repris au Maroc et que les cycles de reproduction locaux devraient se poursuivre jusqu’à la fin de l’hiver, avec une possible extension jusqu’au printemps, en parallèle de l’apparition du phénomène dans la région du Sahel et du désert».

Depuis l’apparition de petits groupes de criquets dans l’extrême sud du pays, le Centre national de lutte antiacridienne a mobilisé ses équipes. Des équipes sur le terrain, équipées de matériel moderne, ont été déployées, comprenant des véhicules dotés de systèmes de pulvérisation de précision et un stock important de pesticides homologués. Des techniques de surveillance par satellite et d’analyse des données climatiques, en particulier les précipitations, l’humidité et la couverture végétale, sont également utilisées, complétées par des patrouilles régulières dans les zones désertiques et frontalières, signale le quotidien.

Ces dernières années, des essaims de criquets sont périodiquement apparus dans plusieurs régions frontalières du Maroc. En mars 2025, «les provinces de Zagora et Tata ont été placées en état d’alerte maximale après l’arrivée de nuées provenant d’Algérie». Grâce aux interventions rapides et préventives du Centre national de lutte antiacridienne, selon Al Akhbar, «ces essaims ont été éradiqués avant d’atteindre les villes intérieures. Plus de 27.000 hectares ont ainsi été traités dans l’est et le sud des provinces concernées, à l’aide de 23 véhicules tout-terrain équipés de pulvérisateurs, ainsi que de deux avions spécialisés dans la dispersion de pesticides, opérant depuis l’aéroport de Tata».

Par La Rédaction
Le 25/02/2026 à 19h39