Retour à GMT: une pétition formelle et la saisie d’instances constitutionnelles en projet

L’heure de GMT+1 a été adoptée au Maroc en 2018, avec un retour temporaire à GMT au cours du mois de Ramadan.. gldburger

Revue de presse Grâce à une pétition électronique de près de 225.000 signatures, les initiateurs de la contestation contre le maintien permanent de l’heure GMT+1 entendent désormais engager une procédure formelle et porter le débat devant les instances constitutionnellement à même de les entendre. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 24/03/2026 à 18h53

«Dans une démarche qui tend à se structurer et à activer les mécanismes institutionnels, les initiateurs de la campagne pour le retour à GMT affichent leur intention de transformer leur mobilisation numérique en une pétition officielle et de porter la question devant des instances constitutionnelles. Cette orientation traduit une évolution du mouvement, qui passe d’une contestation en ligne à une tentative d’influence par les voies juridiques prévues par la Constitution», indique Al Ahdath Al Maghribia dans son édition de ce mercredi 25 mars.

«Cette pétition électronique a enregistré, en l’espace de quelques semaines, une progression remarquée. Selon les données actualisées de la plateforme qui l’héberge, elle a atteint 224.246 signatures à huit heures du matin lundi dernier, se rapprochant du seuil symbolique du quart de million. Ce volume de participation est interprété par les organisateurs comme un indicateur d’un rejet croissant de l’adoption permanente du décalage horaire.

Aucune annonce officielle ne laisse entrevoir un éventuel réexamen de la mesure», ajoute le quotidien, selon lequel «les porteurs de l’initiative indiquent vouloir saisir plusieurs institutions, dont le Conseil économique, social et environnemental, afin de soumettre le dossier à une évaluation plus large. Parallèlement, ils préparent le dépôt d’une pétition formelle conformément aux dispositions légales en vigueur».

Sur le plan juridique, cette démarche s’appuie sur l’article 15 de la Constitution qui reconnaît aux Marocains «le droit de présenter des pétitions aux pouvoirs publics», indique Al Ahdath Al Maghribia, qui précise que «le seuil requis de 5.000 signatures ayant été largement dépassé, les initiateurs estiment que leur requête remplit les conditions de recevabilité. La procédure est encadrée par la loi organique 44.14, dont les articles 8 et 9 prévoient que toute pétition adressée au Chef du gouvernement est transmise à une commission spécialisée. Celle-ci examine sa conformité aux textes en vigueur avant de formuler un avis, sur la base duquel une décision finale est prise».

Arguments avancés par les initiateurs de cette pétition: «l’absence d’une évaluation globale des effets du maintien de l’heure d’été, les analyses se limitant à des considérations économiques partielles (...) l’insuffisance de concertations avec l’opinion publique sur cette mesure ayant des répercussions directes sur leur organisation quotidienne (dont leur rythme biologique) (...) avec une perturbation de [leur] horloge interne, susceptible d’affecter différents aspects de la vie quotidienne. [Mais aussi] (...) des difficultés de concentration des élèves et des étudiants, ainsi qu’un impact potentiel sur [leurs] performances scolaires», a-t-on pu lire dans Al Ahdath Al Maghribia. Des répercussions sur la santé sont également mentionnées, en lien avec des troubles du sommeil et la fatigue. Les initiateurs de cette pétition évoquent «l’apparition de phénomènes d’insomnie et de stress, sans toutefois que ces constats ne s’appuient sur une étude institutionnelle consolidée à ce stade».

La question de l’organisation quotidienne est régulièrement citée par les initiateurs de cette pétition, pour lesquels «le maintien du GMT+1 engendre des ajustements permanents dans les emplois du temps familiaux, notamment en ce qui concerne les horaires scolaires et professionnels, une situation [qui] serait susceptible d’avoir des incidences sur la productivité au travail et sur l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle».

L’ampleur de cette mobilisation, «mesurée sur une période relativement courte, met en évidence l’existence d’un débat public persistant autour de la question de l’heure légale». Le quotidien signale enfin que «le Royaume a adopté en 2018, de manière permanente, l’heure de GMT+1, avec un retour temporaire à l’heure normale durant le mois de Ramadan», signale le quotidien.

Par La Rédaction
Le 24/03/2026 à 18h53