Préscolaire: un chantier stratégique désormais centré sur la qualité

DR

Revue de presseAlors que le Maroc a placé l’éducation préscolaire au rang des priorités stratégiques, le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) invite à dépasser la seule logique de généralisation pour engager une transition décisive vers la qualité. À l’occasion d’un forum international tenu en partenariat avec l’Unicef, ses responsables ont appelé à consolider les acquis par une exigence renouvelée en matière de pratiques pédagogiques, de formation des encadrants et d’équité territoriale. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia

Le 11/02/2026 à 18h13

Le Conseil de supérieur de l’éducation, la formation et la recherche scientifique (CSEFRS) a souligné que le chantier de l’éducation préscolaire aborde désormais une phase charnière, appelant à un infléchissement stratégique: substituer à la logique d’élargissement de l’accès une approche centrée sur l’amélioration de l’offre et le renforcement de l’impact éducatif. Rahma Bourkia, présidente du Conseil, a rappelé cette orientation lors de son allocution inaugurale au Forum international sur l’éducation préscolaire, coorganisé avec l’UNICEF. Selon elle, la mesure de la performance ne saurait plus se satisfaire de données quantitatives; elle doit désormais s’arrimer à la qualité des interventions, à la qualification des ressources humaines et à la concrétisation effective de l’équité, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 12 février.

Ces propos s’appuient sur les conclusions de l’évaluation nationale du préscolaire, conduite en 2024 par l’Instance nationale d’évaluation (INE), relevant du CSEFRS. Cette prise de parole intervient dans un contexte où le Maroc a constamment érigé le préscolaire en priorité stratégique, comme en attestent les référentiels réformateurs depuis la Charte nationale d’éducation et de formation jusqu’au Programme national de généralisation du préscolaire.

Rahma Bourkia a insisté sur le rôle fondamental de ce cycle dans la construction de la personnalité de l’enfant et sa préparation aux étapes ultérieures de son parcours. Son influence, a-t-elle ajouté, dépasse le cadre scolaire pour irriguer l’ensemble de la vie sociale. Elle n’a pas manqué de relever que le développement de ce palier éducatif demeurait un chantier ouvert, exigeant une vigilance continue et une mobilisation collective pour en élever tant les pratiques que les politiques publiques.

L’INE avait présenté à la presse les principaux enseignements de cette évaluation nationale, réalisée avec le concours de l’Unicef. Son directeur, Hicham Ait Mansour, a exposé les défis structurels qui entravent encore l’avènement d’un préscolaire de qualité, en dépit des avancées notables en matière d’accès. Le rapport de l’Instance ne s’est pas borné à un suivi des indicateurs de scolarisation; il a également corrélé les acquis des apprentissages aux contextes familiaux ainsi qu’aux pratiques pédagogiques déployées en classe.

Le CSEFRS alerte, de fait, sur le risque d’un décalage croissant entre la hausse des taux de scolarisation et le niveau réel des rendements pédagogiques, si des investissements substantiels ne viennent pas soutenir la formation, l’encadrement et la gouvernance du secteur, indique Al Ahdath Al Maghribia. Cette mise en garde traduit une volonté d’inscrire la réflexion dans une approche globale, dépassant la simple disponibilité des places pour interroger les pratiques effectives au sein des classes, les modalités d’interaction éducative et l’incidence de l’environnement sur le développement de l’enfant. Cette perspective rejoint celle exprimée par la représentante adjointe de l’Unicef au Maroc, pour lequel le Royaume a fait un choix résolu: placer l’éducation préscolaire au cœur de sa refonte systémique.

Par Hassan Benadad
Le 11/02/2026 à 18h13