Pharmaciens: la grève n’est plus à l’ordre du jour

M. Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale.

Revue de presseAlors que la menace d’un mouvement de grève planait sur le secteur, une rencontre décisive entre le ministère de la Santé et les syndicats de pharmaciens a permis de dissiper les malentendus. Au cœur des discussions: l’ouverture du capital des pharmacies, une ligne rouge que le gouvernement s’est engagé à ne pas franchir, ouvrant ainsi la voie à l’apaisement et à la reprise du dialogue. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 08/03/2026 à 20h08

À l’issue d’une rencontre décisive avec le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, les syndicats les plus représentatifs de la profession pharmaceutique ont annoncé la levée des préavis de grève. Cette décision fait suite à l’intervention du ministre, qui a mis un terme à la polémique grandissante autour d’une éventuelle libéralisation du capital des pharmacies. Tahraoui a formellement écarté cette hypothèse, déclarant que cette mesure «ne figure pas parmi les orientations actuellement privilégiées par le ministère».

Recevant les représentants syndicaux ce jeudi 5 mars, le ministre a tenu à réaffirmer avec force le rôle fondamental de l’officine en tant qu’«établissement sanitaire essentiel», dont l’indépendance «demeurera intangible» eu égard à sa mission cruciale dans la préservation de la sécurité médicamenteuse des citoyens, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 9 mars. Il a assuré que toute évolution potentielle du secteur ne saurait être envisagée que dans le cadre d’une approche participative et d’une coordination préalable, visant à garantir la protection des équilibres établis et à préserver les intérêts des pharmaciens.

Par ailleurs, le ministre s’est engagé à accélérer la mise en œuvre des dispositions de l’accord du 6 avril 2023, présenté comme la feuille de route incontournable pour le dialogue social en cours. Cette annonce a été particulièrement bien accueillie par les syndicats, qui ont saisi cette occasion pour réitérer leur opposition catégorique à l’avis du Conseil de la concurrence relatif à l’ouverture du capital des officines. Ils ont jugé cette position «défaillante tant sur le plan méthodologique que sur le fond», tout en déplorant ce qu’ils considèrent comme une approche «unilatérale et excluante» de la part du Conseil.

À l’issue de la rencontre, le ministre a non seulement réaffirmé l’engagement de son département à concrétiser les conclusions de l’accord d’avril 2023, mais il a également promis de poursuivre la réforme du secteur dans un esprit de dialogue et de concertation permanent. Dans leur communiqué, les organisations syndicales se sont félicitées d’avoir pu faire un point exhaustif sur l’état d’avancement de plusieurs dossiers en suspens, enregistrant un «progrès important» sur plusieurs axes ayant désormais atteint leurs dernières étapes juridiques, rapporte Al Ahdath Al Maghribia.

Parmi ces avancées figurent notamment la révision tant attendue du dahir de 1922, la régulation des médicaments vétérinaires et des compléments alimentaires, l’encadrement des génériques et la liste des médicaments à effets connus, ainsi que la mise en œuvre de la «carte sanitaire».

Par Hassan Benadad
Le 08/03/2026 à 20h08