Pénurie de sardines: le repos biologique prolongé fait grimper les prix

Des sardines.

Revue de presseUne rareté inédite de la sardine frappe les étals marocains, provoquant une flambée des prix suite au prolongement du repos biologique. Derrière cette crise conjoncturelle se profile un défi structurel: la nécessité impérieuse de préserver la ressource halieutique, mise à mal par le changement climatique et la surexploitation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 30/01/2026 à 21h35

Les marchés aux poissons traversent une période de tension singulière, marquée par une raréfaction prononcée de la sardine. Cette indisponibilité se traduit par une envolée des prix, le kilo dépassant désormais fréquemment la barre des 30 dirhams.

À l’origine de cette flambée, une offre en berne sur les marchés de gros, rapporte Al Akhbar dans son édition du week-end des 31 janvier et 1er février. Les quantités disponibles, devenues l’objet de vives concurrences entre commerçants, subissent une surenchère mécanique qui, in fine, pèse sur le porte-monnaie du consommateur. Cette pénurie n’est pas fortuite: elle procède d’une mesure de protection. Depuis le 1er janvier 2026, la sardine est entrée dans une phase de repos biologique, rendant sa pêche interdite dans plusieurs zones côtières nationales.

Le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, après avoir instauré une trêve initiale de 30 à 45 jours selon les régions pour les petits pélagiques, a dû durcir le dispositif. Une décision en date du jeudi 29 janvier prolonge ce moratoire jusqu’à la mi-février dans l’une des principales zones de concentration de ces espèces. Cette mesure, présentée comme proactive, vise à garantir la pérennité des ressources et l’équilibre des stocks, aujourd’hui à un niveau d’épuisement critique ayant motivé de multiples alertes.

Plusieurs facteurs justifient cette rigueur: l’incapacité constatée des zones de reproduction à se régénérer et la présence massive de juvéniles n’ayant pas atteint la taille légale de commercialisation. Les professionnels du secteur pointent également une dégradation structurelle, note Al Akhbar. La situation des sardines dans les pêcheries se détériore d’année en année, une instabilité de la biomasse attribuée au changement climatique et au réchauffement significatif des eaux marines, perturbant les habitats traditionnels. Dans ce contexte, des inquiétudes émergent quant à la persistance de cette rareté sur les étals, notamment à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnelle de forte consommation.

Par Hassan Benadad
Le 30/01/2026 à 21h35