À l’approche de l’Aïd al-Adha, les marchés replongent dans une nouvelle vague de hausse des prix qui ravive les inquiétudes des ménages. Cette flambée touche en premier lieu les viandes rouges, un produit central de la consommation durant cette période, alors même que le pouvoir d’achat peine encore à se remettre des précédentes augmentations ayant affecté de nombreux produits alimentaires de base. Les légumes eux-mêmes, pourtant essentiels au quotidien, n’échappent pas à cette dynamique inflationniste et enregistrent des hausses sensibles, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 7 avril.
Après une phase d’accalmie relative observée durant le mois de Ramadan, les prix de la viande ont repris leur trajectoire ascendante. En l’espace de quelques semaines, les tarifs ont augmenté d’environ 10 dirhams par kilogramme, pour atteindre désormais une fourchette comprise entre 90 et 120 dirhams, selon la qualité et l’origine des produits. Cette évolution, loin d’être anodine, traduit un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande. Les professionnels du secteur s’accordent à dire que cette tension s’explique en grande partie par la montée en flèche de la demande, typique de cette période de l’année, conjuguée à une diminution de l’offre disponible sur les marchés. À mesure que l’Aïd al-Adha approche, moment de consommation par excellence, de nombreux éleveurs choisissent de réserver leurs troupeaux ovins pour la vente destinée au sacrifice rituel. Ce choix stratégique réduit mécaniquement la quantité de viande mise en circulation dans les circuits habituels, accentuant ainsi la pression sur les prix.
Dans le même temps, certains acteurs pointent le comportement attentiste d’une partie des éleveurs, qui préfèrent conserver leurs bêtes dans l’espoir de profiter d’une hausse encore plus marquée à l’approche immédiate de la fête, a-t-on lu dans Al Ahdath Al Maghribia. Cette rétention volontaire de l’offre contribue à raréfier les produits sur les étals et à déséquilibrer davantage le marché. Les aides dont bénéficient certains éleveurs jouent également un rôle non négligeable, en leur offrant une marge de manœuvre financière qui leur permet de différer la vente sans subir de pression immédiate.
À ces facteurs, s’ajoute la question persistante du coût des intrants, en particulier celui des aliments pour bétail. Malgré une amélioration relative des conditions climatiques dans certaines régions, les prix des fourrages demeurent élevés, pesant lourdement sur les charges des éleveurs. Ces derniers répercutent inévitablement ces coûts sur les prix de vente afin de préserver leur rentabilité, ce qui alimente à son tour la spirale inflationniste.
À la veille d’une fête majeure, marquée par une forte dimension sociale et religieuse, la hausse des prix de la viande illustre les fragilités structurelles du marché et met en lumière les tensions persistantes entre les impératifs économiques des producteurs, et les capacités financières des consommateurs.



