Les éléments de la Gendarmerie royale relevant de la compagnie de Bouskoura ont anticipé les festivités du Nouvel An par un coup de filet d’envergure, et ont mis en échec les agissements d’un réseau criminel spécialisé dans la fraude alimentaire. Profitant de l’engouement lié aux célébrations de fin d’année, ce réseau s’apprêtait à inonder le marché de produits impropres à la consommation qui auraient dû servir à la confection de pâtisseries du Nouvel An, indique le quotidien Assabah de ce vendredi 2 janvier.
Selon des sources proches du dossier, le renforcement des mesures de vigilance mises en place par la Gendarmerie royale de Bouskoura pour sécuriser les célébrations de la nouvelle année a bouleversé les plans de ce réseau, qui comptait écouler des denrées alimentaires avariées auprès de marchés hebdomadaires, de vendeurs ambulants et de certains commerces spécialisés dans la vente de pâtisseries dites «du Nouvel An», à la veille du réveillon de 2026.
Les membres du réseau avaient misé sur la forte demande des familles et des particuliers pour ces produits festifs, afin de réaliser d’importants profits, au mépris de la santé des consommateurs, ignorants de l’origine réelle des marchandises proposées, écrit Assabah. L’intervention sécuritaire, qualifiée de «coup dur porté aux réseaux de fraude», a permis de saisir plusieurs tonnes de matières alimentaires avariées. Cette opération a été menée à la suite de perquisitions ciblées dans un entrepôt clandestin situé dans la périphérie de Bouskoura, découvert dans le cadre d’actions préventives visant à surveiller la zone et à anticiper toute activité suspecte.
Les premières conclusions de l’enquête révèlent que le réseau démantelé, après l’arrestation de son chef présumé et de son principal complice, collectait des ingrédients dont la date de péremption était dépassée, qui servaient à concocter des pâtisseries (de la crème et de la pâte à gâteaux, mais aussi des pâtisseries toutes prêtes). Ces produits, impropres à la consommation, étaient achetés à prix dérisoires auprès de commerçants malhonnêtes, qui cherchaient à s’en débarrasser en les revendant, plutôt qu’en les détruisant. Ces produits avariés étaient ensuite acheminées vers un entrepôt secret, loué près de Bouskoura, où ils étaient stockés en grandes quantités, avant d’être recyclés et transformés en gâteaux à vendre.
Selon Assabah, les produits avariés saisis devaient être écoulés d’une manière apparemment légale. Les membres du réseau parvenaient à les distribuer à des commerçants et à des vendeurs ambulants, qui ne savaient rien de ce circuit illégal, en profitant de la période des fêtes, et de la forte demande pour ces produits, pour les proposer à des prix attractifs, afin de générer de rapides plus-values, au mépris de la santé de ceux qui s’apprêtaient à les manger.
Alors que le chef du réseau pensait opérer en toute discrétion, il a été surpris par la rapidité et l’efficacité de l’intervention des éléments du centre judiciaire de la Gendarmerie royale, dirigée par le commandant Younes Aakafi, chef du centre judiciaire de la compagnie de Bouskoura, en coordination avec Walid Attaf, commandant par intérim de la compagnie. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une stratégie proactive de lutte contre toutes les formes de criminalité, conformément aux directives du colonel-major Abdelkrim Zerbouh, commandant régional de la Gendarmerie royale à Casablanca, dont l’action ne se limite pas à la lutte contre le trafic de drogue, mais s’étend également au démantèlement des réseaux de fraude portant atteinte à la sécurité des citoyens.
L’affaire s’est ébruitée quand les éléments de la Gendarmerie royale de Bouskoura ont obtenu des informations précises faisant état de l’exploitation d’un entrepôt clandestin pour ces activités suspectes. Des investigations approfondies et des enquêtes menées sur le terrain ont permis de localiser le site où étaient stockées les pâtisseries frauduleuses, ce qui a conduit à une perquisition des lieux, sous la supervision du parquet compétent.
Sur instruction du Ministère public, l’ensemble du stock avarié a fait l’objet d’une saisie conservatoire, suite à laquelle leur destruction a été ordonnée, afin d’empêcher leur revente, en raison du danger sanitaire présenté vis-à-vis des consommateurs. L’entrepôt clandestin a été placé sous scellés, et les personnes arrêtées ont entamé leur procédure de en garde à vue, afin d’identifier leurs sources d’approvisionnement, les circuits de distribution qu’ils comptaient approvisionner, et pour identifier et interpeller l’ensemble des complices impliqués dans cette affaire. Les suspects devront par la suite être présentés devant le procureur du Roi près le tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ, à Casablanca, pour les suites judiciaires à donner à cette affaire.








