Les Marocains du monde doivent s'attendre à une crise sans précédent

DR

Revue de presseKiosque360. Les Marocains résidant à l’étranger s’apprêtent à vivre la pire crise qu’ils aient eu à traverser, les signes d’une reprise en Europe se faisant absents. Les plus vulnérables seront les premiers touchés.

Le 14/05/2020 à 22h19

Jusque-là, ils s’en sortaient grâce à des petits «boulots» ou en travaillant au noir en Europe, où la majorité d’entre eux est concentrée. Désormais, ils n’ont que leurs yeux pour pleurer. La crise économique induite par la pandémie du coronavirus en Espagne, en Italie, en France, ne prédit rien de bon pour les Marocains résidant à l’étranger. Et les plus touchés, même après la confinement, seront les plus précaires.

Revenant sur le sujet dans son édition du vendredi 15 mai, le quotidien Al Massae dresse un tableau des plus sombres de l’avenir de cette catégorie de Marocains et de leurs familles restées au pays et qui dépendent de leurs aides. «Actuellement, les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont baissé de 10%», indique le quotidien. Pour Al Massae, il faut ajouter le risque de voir les réserves en devises du pays se réduire comme peau de chagrin.

Le sujet a d’ailleurs été abordé lors d’un débat ramadanesque organisé dans le cadre de l’émission Joussour sur la chaîne Awasser. L’occasion pour l’économiste marocain résidant en France, Najib Soumi, d’affirmer que le pire est à craindre. «Ces difficultés risquent de durer dans le temps, de se prolonger au moins sur les deux années à venir et d’être dix fois plus graves que celles enregistrés après la crise financière de 2008», a-t-il dit.

Ce scénario du pire est à placer au coeur des préoccupations et prévisions du gouvernement au Maroc, préconise l’expert. Le secteur bancaire a également un rôle essentiel à jouer pour amortir cette crise, dit-il, en activant notamment les leviers du report des échéances de crédit et de la baisse des coûts du transfert d’argent.

Intervenant à cette même occasion, Abdellah Boussouf, le secrétaire général du Conseil consultatif des Marocains de l’étranger, a fait valoir la notion de solidarité nationale envers la communauté marocaine dans le monde. Et de préciser que le coût des transferts d’argent appliqués au Maroc sont les plus chers au monde. Il n’a d’ailleurs pas manqué d’appeler à leur suppression au vu de la crise actuelle. «Il y va de la capacité de nos MRE à continuer à envoyer de l’argent aux leurs et du pays à pérenniser ses réserves en devises», a-t-il fait remarquer.

Pour l’heure, le nombre de Marocains de l’étranger décédés du coronavirus est estimé à plus de 400 personnes, a annoncé Boussouf, précisant que les chiffres avancés sont encore provisoires.

Par Maya Zidoune
Le 14/05/2020 à 22h19