Les greffiers se joignent à la fronde contre le ministère de la Justice. La situation s’est intensifiée après que le Syndicat démocratique de la justice a lancé de nouvelles actions de protestation, dénonçant ce qu’il qualifie de «retard persistant dans le versement des droits des employés de la fonction de greffe, notamment les indemnités liées à la performance», indique Assabah de ce jeudi 5 mars. Le mouvement a débuté hier, mardi, avec le port d’un brassard dans les tribunaux, une première forme de protestation symbolique. La semaine prochaine, les greffiers passeront à l’étape des arrêts de travail d’une heure dans l’ensemble des tribunaux, avec la possibilité pour chaque bureau local de déterminer l’heure de début du mouvement selon les spécificités de chaque juridiction.
Cité par Assabah, le bureau national du syndicat explique que le ministère de la Justice s’était pourtant engagé, lors des séances de dialogue sectoriel, à verser ces indemnités dès janvier dernier. Mais ces engagements sont restés lettre morte, accentuant la tension et l’inquiétude parmi la corporation des greffiers. L’absence d’explications officielles sur les raisons de ce retard a largement alimenté les rumeurs et les inquiétudes. Des informations circulant à l’intérieur du ministère évoquent des désaccords liés au refus des services des finances de valider le barème de points pour 2025, et des propositions visant à élargir la base des bénéficiaires des indemnités jusqu’à 150% du salaire, incluant des catégories de personnel extérieures à la fonction de greffe. Le syndicat y voit une atteinte directe aux droits des greffiers concernés.
Le syndicat a réaffirmé son «attachement à un partenariat productif et à la consolidation du dialogue sectoriel» et dénonce «la gestion du dossier, en tenant les autorités pour responsables de toute aggravation de la situation si les engagements précédents ne sont pas honorés», a-t-on encore pu lire. Les greffiers craignent en particulier qu’un élargissement de la base des bénéficiaires n’affecte leur part, le budget alloué ne permettant pas d’intégrer de nouvelles catégories sans réduire les montants individuels des indemnités.
Selon des sources informées consultées par Assabah, la tension est à son comble parmi les membres des corporations liées aux activités judiciaires. Le ministère de la Justice est donc sommé de sortir de son silence et de répondre aux questionnements des greffiers sur les points de désaccord, afin d’éviter, affirme le quotidien, «l’élargissement de la fracture sociale» et, surtout, «l’ouverture d’un nouveau front de protestation», comme des interruptions de service et autres grèves prolongées, à l’image de celles, récemment, des avocats, immédiatement suivies de l’annonce d’une grève générale observée par les notaires. Prévu pour une semaine, ce mouvement de protestation a débuté lundi dernier.








