Le Maroc compte 1,5 million de jeunes sans emploi, ni éducation ni formation: les recommandations du CESE pour leur insertion

Avis accablant du CESE: «1,5 million de jeunes sont sans emploi, ni formation». (Crédit: Y. Mannan/Le360).

Le 09/05/2024 à 16h42

VidéoSelon un avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE), 1,5 million de jeunes Marocains sont sans emploi, ni éducation ni formation, et 78% d’entre eux ignorent l’existence du programme gouvernemental Awrach. Pour résorber ce phénomène, le CESE recommande une démarche en cinq axes. Les détails.

Émanant du Conseil économique, social et environnemental (CESE), l’avis intitulé «Les jeunes en situation NEET (ni emploi, ni éducation, ni formation), quelles perspectives d’inclusion socio-économique?» a été présenté le mercredi 8 mai à Rabat, en présence de représentants de départements ministériels, de délégués d’instances nationales et internationales et de membres d’ONG.

Outre les chiffres précités, les résultats de cette étude montrent aussi que 4,5 millions de chômeurs, des jeunes âgés de 15 à 34 ans, «sont privés d’emplois et d’enseignement», un chiffre qualifié d’«effrayant» par Ahmed Réda Chami, président du CESE. Un triste record qui met à mal le gouvernement Akhannouch. La publication de cet avis a d’ailleurs été mise à profit par l’opposition parlementaire (USFP, MP, PPS et PJD), qui a saisi l’occasion de la présence d’Aziz Akhannouch au Parlement pour tirer à boulets rouges sur le bilan de mi-mandat de son gouvernement.

Selon Ahmed Réda Chami, les NEET constituent «une catégorie particulièrement vulnérable qui endure de multiples formes d’exclusion, restant à l’écart du système éducatif, de la formation professionnelle et du marché du travail». L’État déploie des efforts à leur égard, mais pour des résultats insuffisants, poursuit-it.

Le président du CESE a répété que «1,5 million de jeunes Marocains, âgés de 15 à 24 ans, sont en marge du système de l’éducation-formation et du marché du travail. Cette catégorie risque d’être confrontée à trois ruptures décisives, dont le décrochage scolaire entre les niveaux du primaire et du secondaire collégial». Ces derniers sont estimés à plus de 331.000 élèves en moyenne annuelle, principalement en raison de l’échec scolaire et des difficultés d’accès aux établissements de l’enseignement, en particulier dans le milieu rural.

Élaboré dans le cadre d’une approche participative, le présent avis du CESE s’inscrit dans la continuité des travaux menés par le Conseil sur les questions de la jeunesse, mettant l’accent, cette fois-ci, sur les NEET, une catégorie particulièrement vulnérable. La question épineuse des jeunes filles confrontées à ces problèmes et contraintes a été également abordée dans cet avis.

Réda Ahmed Chami estime qu’en vue de résorber ce phénomène et d’accélérer l’insertion socio-économique de cette catégorie de jeunes, le CESE recommande «l’adoption d’une approche intégrée se déclinant en cinq axes. Le premier concerne le renforcement des capacités de repérage et de suivi des jeunes NEET à travers la création d’un système d’information national, avec une déclinaison régionale pour le repérage et le suivi de leurs parcours, qui regroupe des données croisées de sources multiples (RSU, statistiques relevant des secteurs impliqués, etc.)».

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 09/05/2024 à 16h42