Le gouvernement envisage un loyer régulé pour faire baisser les prix de 20%

Le projet immobilier Metropolitan, à Casablanca, porté par Yamed.

Revue de presseFace à la flambée des prix immobiliers et des loyers dans les grandes villes, le gouvernement envisage l’instauration d’un dispositif de loyer encadré, assorti d’un mécanisme d’épargne. Objectif annoncé: réduire de 20% le coût du logement pour la classe moyenne et faciliter l’accès à la propriété. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 13/01/2026 à 17h17

Confronté à la hausse soutenue des prix de l’immobilier et des loyers, particulièrement dans les grands centres urbains, le gouvernement étudie actuellement l’introduction d’un nouveau modèle de loyer régulé, visant une baisse de 20% par rapport aux tarifs du marché. Interpellé par les groupes parlementaires du PAM et du parti de l’Istiqlal, Adib Benbrahim, secrétaire d’État chargé du Logement, a confirmé qu’une étude était en cours à ce sujet, dont les premiers résultats seront publiés à la fin du mois de mars 2026.

Ce projet a pour ambition de réduire significativement le montant des loyers et d’offrir aux locataires la possibilité de considérer une partie de ce paiement comme une épargne, les aidant ainsi à constituer un apport pour l’acquisition future d’un logement, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 14 janvier. «Cette mesure cible prioritairement la classe moyenne, qui rencontre d’importantes difficultés pour accéder à la propriété en raison de la cherté des biens et des conditions rigides de financement bancaire», a précisé Benbrahim.

Le responsable a ensuite détaillé les causes structurelles de cette crise : la raréfaction du foncier disponible dans les métropoles, conjuguée à une demande croissante, alimente une inflation continue des prix. À cela, s’ajoute l’expansion de la spéculation immobilière, portée par des investisseurs qui acquièrent des biens pour la revente ou la location à but lucratif, réduisant d’autant l’offre destinée aux résidents permanents.

Benbrahim a également pointé du doigt le développement de la location touristique de courte durée, via des plateformes numériques telles qu’Airbnb, qui convertit un nombre croissant de logements du marché locatif classique vers une utilisation saisonnière et touristique. Cette pratique, en diminuant l’offre de logements disponibles à l’année, accroît la pression sur les loyers et nécessite, selon lui, une régulation par décret pour préserver le droit au logement.

Les tensions sont particulièrement vives dans les grandes villes à forte attractivité économique –Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech et Fès– où l’exode rural et les perspectives d’emploi alimentent une demande constante, face à une offre insuffisante. Des chiffres officiels révèlent pourtant que près de 1,1 million de logements sont vacants, auxquels s’ajoutent 1,3 million de résidences secondaires ou saisonnières, concentrées dans ces mêmes zones.

Ce déséquilibre persistant entre offre et demande met en lumière les limites des politiques publiques de logement, qu’il s’agisse du programme «Villes sans bidonvilles» ou des constructions à vocation sociale, note Al Ahdath Al Maghribia. La situation traduit une reconnaissance implicite des difficultés rencontrées par les pouvoirs publics à réguler un marché immobilier dynamique et à contenir les pratiques spéculatives, tout en garantissant un accès équitable au logement pour les classes moyennes.

Par Hassan Benadad
Le 13/01/2026 à 17h17