Ksar El Kébir: le Loukkos déborde et plonge les habitants dans l’angoisse

Au lendemain d'une nuit d'inondations, des agents des services communaux installent un barrage de fortune pour freiner la montée des eaux de l’oued Loukkos, à Ksar El Kébir, le 29 janvier 2026.

Revue de presse Une violente crue de l’oued Loukkos a frappé la ville de Ksar El Kébir dans la nuit de mercredi à ce jeudi 29 janvier, provoquant d’importantes inondations dans plusieurs quartiers, l’évacuation de nombreuses familles et la paralysie de services vitaux, dont l’hôpital de proximité. Devant cette situation jugée critique, les autorités ont déclenché l’état d’alerte maximale. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 29/01/2026 à 18h36

Dans la nuit de mercredi à ce jeudi, les habitants de Ksar El Kébir sont restés réveillés, inquiets du grondement continu des eaux et de la montée inexorable de l’oued Loukkos. Par le passé, la cité avait déjà vécu un épisode de violentes crues. Des milliers de personnes n’ont donc pas dormi, alors que les rues et les ruelles se transformaient en de véritables cours d’eau. Au beau milieu de la nuit, confrontées à un danger imminent, des dizaines de familles se sont retrouvées contraintes d’évacuer leur domicile en urgence et de se réfugier dans des zones plus sûres, relate Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 30 janvier.

Aux premières heures de la matinée, l’ampleur de la gravité de la situation est devenue plus nette. Le Loukkos est sorti de son lit et a envahi les quartiers situés au bas de la ville. Selon le quotidien, des zones comme Sidi Radouane, Al Manakib, la médina, ainsi que les quartiers Al Andalous, Al Marina, Salam et Massira ont été particulièrement touchées. Dans certaines habitations, le niveau de l’eau dépasse un mètre de hauteur.

L’une des situations les plus critiques concerne l’hôpital de proximité situé à l’entrée nord de la ville, a-t-on lu dans Al Ahdath Al Maghribia. Le Loukkos en crue a envahi ses abords et s’est engouffré dans les couloirs de l’établissement hospitalier, mettant son activité à l’arrêt. Devant l’ampleur du risque, l’évacuation des patients alités a débuté, leur transfert ayant lieu alors même que les équipes d’intervention tentaient de pomper l’eau et de protéger le matériel médical.

À l’origine de cette catastrophe, le barrage d’Oued Al Makhazine, qui a atteint un taux de remplissage de 100%, suite aux précipitations exceptionnelles enregistrées dans la province de Larache. Cette situation a contraint l’Agence du bassin hydraulique à ouvrir en urgence les vannes de décharge. Cette situation a été aggravée par l’état de l’océan: une forte houle, une marée au niveau élevé, avec des vagues dépassant les six mètres de hauteur.

Ce phénomène a empêché l’écoulement normal des eaux vers l’océan, ce qui a accentué la pression sur les canaux, et provoqué un reflux des eaux vers la ville. Aussi, les autorités provinciales ont décrété l’état d’alerte maximale, relaie Al Ahdath Al Maghribia. Une commission de veille et de suivi, présidée par le gouverneur de la province de Larache, s’est rendue sur place pour superviser l’évolution de la situation. Des tournées sur le terrain ont été effectuées, des digues en terre ont été consolidées et des barrières de sable installées, alors que les habitants ont été appelés à une plus grande vigilance et à éviter toute proximité avec les cours d’eau.

Les travaux de mise en place de barrières de protection temporaires se poursuivent, afin de préserver les quartiers menacés, dans l’objectif de contenir l’avancée des eaux et de protéger des vies humaines et des biens. L’évacuation des habitants des zones sinistrées par les autorités est une option sérieusement envisagée: ce sont ainsi près de 6.000 familles qui pourraient être directement concernées par ces mesures, a-t-on encore pu lire dans le quotidien. En prévision d’une éventuelle aggravation de cette situation, plusieurs espaces publics ont été mis à la disposition des autorités, dont la salle couverte, des établissements scolaires et des structures sociales. La médina de Ksar El Kébir reste toutefois l’un des points les plus sensibles, en raison de la fragilité de son tissu urbain, ancien.

Les inondations ont également provoqué d’importantes perturbations de la circulation. L’axe routier reliant Ksar El Kébir à Larache a été coupé après que les eaux ont submergé ponts et ouvrages d’art. Les autorités ont appelé les usagers de la route à respecter les consignes de sécurité et à éviter toute prise de risque inutile. Plusieurs communes rurales avoisinantes, comme Ksar Bjir, Ouled Ouchih et Souaken, se sont retrouvées isolées après que le Loukkos en crue a envahi les routes et les pistes, même si la situation la plus critique reste concentrée à l’intérieur même de la ville.

Par La Rédaction
Le 29/01/2026 à 18h36