Un nouveau monument historique de la ville de Kénitra est en passe de disparaître à jamais. Il s'agit du fameux édifice abritant le café des Arcades, situé angle avenues Mohammed V et Mohamed Diouri, précise le quotidien Al Akhbar qui rapporte l'information dans son édition du 20 au 23 août. L'édifice en question est classé monument historique par le ministère de la Culture depuis 2006, souligne le quotidien.
Pourtant, cela n'a pas empêché son nouveau propriétaire, un promoteur immobilier connu de la place qui vient de l'acquérir auprès de propriétaires habitant à Casablanca, d'entamer des travaux pour sa transformation. Lesquels travaux n'ont jamais été autorisés par les autorités compétentes, précise le quotidien. La société civile s'est mobilisée, tout comme les autorités locales qui ont réagi à temps pour procéder à l'arrêt du chantier. D'après le quotidien, le nouveau propriétaire des lieux aurait l'intention de transformer l'édifice, qui date de 1929, en hôtel.
Al Akhbar souligne que le propriétaire immobilier en question, qu'il qualifie de «proche» d’Aziz Rebbah, ministre et président du Conseil de la ville, aurait déjà fait l'objet de plaintes relatives à des affaires immobilières et foncières. Le quotidien fait également allusion à un probable lien entre ce promoteur et un notaire arrêté et poursuivi pour falsification de documents officiels. Mais rien de cela n’a évidemment été établi par la justice. Cela dit, et tout en s'appuyant sur une attestation de la conservation foncière qu'il a pu se procurer, Al Akhbar avance que le promoteur a pu enregistrer à son nom le bien en question, qui porte le titre foncier N° 1470. Il aurait ensuite fait venir les ouvriers d'un chantier, à l'insu des autorités, et entrepris des travaux de transformation du bâtiment. D'après des proches du nouveau propriétaire, celui-ci aurait l’intension construire un hôtel à la place de l’édifice dès la libération de la totalité de l'immeuble. Pour l'heure, les travaux engagés n’auraient porté que sur une partie de l'immeuble, encore partiellement occupé par des locataires que le promoteur immobilier n'a pas encore pu convaincre de libérer les lieux, précise Al Akhbar.
Le quotidien a pu apprendre que l'opération de délogement, à l'amiable, est toujours en cours. Les premiers locataires qui ont quitté les lieux ont pu obtenir une confortable contrepartie financière, souligne le journal. Pour les autres, l'entreprise semble quelque peu compliquée puisqu'ils ont décidé de saisir les autorités locales et le ministère de la Culture, par le biais du syndic, pour stopper cette opération de dénaturation d'un monument historique.









