Les prix des fruits et légumes sont encore en hausse sur les marchés, atteignant des niveaux records qui n’avaient pas été observés depuis longtemps. Cette hausse, qui touche la quasi-totalité des produits agricoles de consommation courante, inquiète les consommateurs, dont les ménages à revenus modestes et moyens, fortement éprouvés par l’augmentation du coût de la vie, indique Al Akhbar de ce mardi 17 mars. La hausse des prix concerne la majorité des variétés de légumes et de fruits commercialisées sur le marché de gros d’Inezgane, une référence au Maroc pour la fixation des prix pratiqués dans les marchés de gros, de semi-gros et de détaillants dans les différentes villes du Royaume.
Les fluctuations observées dans ce marché influencent directement les tarifs appliqués par les commerçants dans l’ensemble du pays. Parmi les produits ayant enregistré les hausses les plus marquées, les oignons: le prix d’une caisse de 30 kilogrammes dépasse actuellement les 300 dirhams sur le marché de gros d’Inezgane. Les coûts de transport, de manutention et les marges commerciales ajoutés, son prix auprès des détaillants est d’environ 15 dirhams le kilogramme sur les marchés et dans les commerces de proximité. Une situation qui contraste fortement avec les prix pratiqués il y a quelques mois, et qui pèse lourdement sur le budget des ménages, indique Al Akhbar.
Le prix des tomates, incontournable dans la cuisine marocaine, tout particulièrement au cours du Ramadan, suit une évolution similaire. Au marché de gros, une caisse de tomates se vend autour de 100 dirhams, soit près de 3,5 dirhams le kilogramme. Mais auprès des détaillants, son prix final oscille entre 5 et 7 dirhams le kilogramme, selon les quartiers et les circuits de distribution. Les carottes n’échappent pas à cette hausse, leur prix atteignant désormais près de 10 dirhams le kilogramme chez les grossistes.
Les prix des fruits sont également caractérisés par une importante hausse. Les principales variétés consommées au Maroc, dont les pommes, les bananes et les poires, se vendent désormais auprès des détaillants entre 20 et 25 dirhams le kilogramme. Pour de nombreux ménages, ces niveaux de prix rendent ces produits de plus en plus difficiles d’accès, ce qui fait que certains fruits deviennent occasionnellement consommés.
Cette flambée des prix ne s’explique pas par une baisse de la production agricole ni par des dommages significatifs subis par les surfaces cultivées. Le phénomène serait plutôt lié au rôle croissant des intermédiaires dans la chaîne de commercialisation. Ces derniers achètent les produits agricoles puis les revendent à l’intérieur même d’un marché, réalisant à chaque transaction une marge bénéficiaire supplémentaire. Plus le nombre d’intermédiaires impliqués dans la transaction est important, plus la marge cumulée augmente, ce qui se répercute directement sur les prix finaux payés par les consommateurs. Dans ce système, les producteurs agricoles sont, paradoxalement, le maillon le moins rémunéré de leur chaîne de valeur respective, et se retrouvent souvent à vendre leur récolte à des prix relativement bas, alors même que les marges des différents acteurs de la distribution sont confortables.
Les professionnels de cette filière prévoient, par ailleurs, de nouvelles augmentations dans les prochains jours, indique Al Akhbar. L’une des raisons évoquées concerne la hausse récente des prix des carburants, entrée en vigueur ce lundi 16 mars. Cette augmentation des coûts de transport devrait se répercuter à son tour sur le prix des produits agricoles, ce qui fera davantage augmenter leur coût sur les marchés. La multiplication des intermédiaires dans les marchés de gros et chez les semi-grossistes, ainsi que certaines pratiques, assimilable à de la rétention de marchandises, contribuent donc à faire grimper les prix, au fur et à mesure que les produits traversent leur circuit dans la chaîne de distribution. Au terme de ce processus, c’est donc le consommateur final qui aura à supporter l’essentiel de cette hausse. Les appels à réguler les circuits de distribution et à lutter plus fermement contre ces spéculations se multiplient, afin de réduire l’influence de certains intermédiaires et d’assurer une meilleure transparence dans la formation des prix, et de garantir des fixations de prix plus équilibrées pour les producteurs, les commerçants et les consommateurs.








