Forêt de la Maâmora: l’abattage de dizaines d’arbres à l’origine d’une vive inquiétude

La fôret de Maâmora s'étend sur 130.000 hectares.

La fôret de la Maâmora s'étend sur 130.000 hectares. . DR

Revue de presseCes derniers jours, des opérations d’abattage d’arbres dans la prestigieuse forêt de chênes-liège de Maâmora ont déclenché une vive inquiétude parmi les défenseurs de l’environnement et les populations riveraines. Alors que les autorités évoquent des travaux d’aménagement, le flou entourant l’ampleur et les modalités de ces interventions alimente les interrogations et les appels à une gestion plus transparente et écologique de ce patrimoine naturel majeur. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 26/02/2026 à 20h23

Des opérations d’abattage ont concerné, ces derniers jours, plusieurs dizaines d’arbres dans différentes zones de la forêt de la Maâmora, provoquant une onde de choc et de profondes préoccupations parmi les écologistes et les populations des zones limitrophes. Tous alertent sur les conséquences potentielles pour l’équilibre écologique de ce qui est la plus vaste forêt de chênes-liège du Maroc.

Selon des sources locales, ces interventions s’inscrivent dans le cadre de l’aménagement de la voirie forestière et de chantiers liés à la gestion des espaces boisés, rapporte Assabah de ce vendredi 27 février. Cependant, l’absence de communications officielles précises quant au volume des arbres prélevés et aux tenants et aboutissants de l’opération a considérablement amplifié les interrogations au sein de l’opinion publique.

Des représentants de la société civile indiquent que les riverains ont été pris au dépourvu par le rythme soutenu des travaux, eu égard à la sensibilité écologique de cette forêt. Poumon vert de la région de Rabat-Salé-Kénitra, elle constitue également un sanctuaire essentiel pour la biodiversité. En réaction, plusieurs associations écologistes ont officiellement demandé l’ouverture d’une enquête, afin de vérifier le respect des dispositions légales encadrant les interventions en milieu forestier, en particulier en matière de coupe sélective et de reboisement.

Elles insistent sur la nécessité impérieuse de publier des données exhaustives: nombre d’arbres abattus, surfaces concernées, et programmes de compensation écologique. À leurs yeux, une transparence totale est le seul moyen de dissiper les craintes légitimes et d’enrayer la propagation d’interprétations hasardeuses.

Selon des professionnels, ces coupes s’inscrivent dans le cycle normal de la gestion forestière périodique, afin de favoriser la régénération du peuplement et limiter la propagation des maladies et des risques d’incendie. Mais des écologistes rétorquent que toute intervention de cette nature doit obligatoirement s’accompagner d’un plan de reboisement clair, assorti d’un calendrier de réhabilitation précis, et associer des experts et des associations locales à son suivi et à son évaluation.

Des observateurs avertis des questions environnementales mettent en garde contre la répétition de ces campagnes d’abattage sans une vision écologique intégrée, indique Assabah. Une telle approche, préviennent-ils, ne ferait qu’aggraver la fragilité intrinsèque de l’écosystème de la Maâmora, déjà soumis à de fortes pressions: fortes extensions urbaines, surpâturage et impacts du changement climatique. Ils appellent les responsables à prendre la mesure des rôles stratégiques de cette forêt, qui dépasse largement sa dimension écologique pour assurer des fonctions essentielles comme la fixation des sols, la lutte contre l’avancée du sable, la régulation du microclimat local, ainsi que des espaces de loisirs vitaux pour les habitants.

Par Hassan Benadad
Le 26/02/2026 à 20h23