La BNPJ a récemment intensifié ses recherches, en coordination avec le parquet compétent, pour localiser le propriétaire d’une maison située à proximité des frontières fictives de Sebta. Cette opération a conduit à la découverte, à l’intérieur du domicile, de l’entrée de deux tunnels, suspectés d’avoir été utilisés pour le trafic de différentes drogues. Les enquêteurs soupçonnent également une implication du propriétaire dans des réseaux de blanchiment d’argent et de commerce de stupéfiants, indique le quotidien Al Akhbar de ce mercredi 8 avril.
Citant des sources informées, le quotidien souligne que le suspect actuellement en fuite représente une prise particulièrement précieuse pour les forces de l’ordre. Il serait en effet le maillon clé reliant les réseaux de trafic international de drogue entre le Maroc et l’Espagne. Son audition pourrait permettre de recueillir des informations extrêmement précises sur l’identité de toutes les personnes avec lesquelles il était en contact, ainsi que de donner des informations sur les méthodes qu’il a employées pour creuser ces tunnels, livrer la date de leur construction et les modalités de leur utilisation. Ces informations sont jugées déterminantes pour la suite à donner à l’enquête judiciaire.
Initialement, les autorités prévoyaient de sceller le premier tunnel et de mettre le dossier en attente jusqu’à l’arrestation du propriétaire recherché. Cependant, la découverte d’un second tunnel, équipé d’infrastructures solides, a conduit le parquet à ordonner la reprise et l’élargissement des investigations afin de comprendre l’ensemble des faits ayant conduit à cette affaire.
Une commission de sécurité mixte, incluant les services de la Protection civile, avait pénétré dans le second tunnel pour en suivre le tracé. L’opération a été stoppée face aux eaux présentes à l’intérieur, dont le niveau nécessitait une intervention de plongée spécialisée. Les équipes ont donc dû se retirer et établir des rapports détaillés, dans l’attente d’une coordination renforcée entre les autorités marocaines et espagnoles sur ce dossier sensible, a-t-on pu lire dans Al Akhbar.
Les installations utilisées pour créer ces tunnels reliant Fnideq à Sebta avaient mobilisé les services de renseignement, qui collectent toutes les informations disponibles et suivent actuellement les activités commerciales et immobilières qu’avaient eues plusieurs suspects avant d’être identifiés et arrêtés. Les enquêteurs examinent notamment des soupçons de blanchiment d’argent via des propriétés immobilières de grande valeur, des liens obscurs qu’ils entretenaient avec différents acteurs et des tentatives de dissimulation d’activités illégales liées au trafic international de drogues. Certaines personnes mentionnées dans les rapports de sécurité espagnols ont délibérément disparu, probablement pour retarder la transmission du dossier à l’Organisation internationale de police criminelle, Interpol, indique Al Akhbar.
Cette affaire met en lumière la complexification croissante des réseaux de trafic transfrontalier, ce qui rend ardue l’enquête menée pour démanteler ces réseaux. Les services de sécurité marocains et espagnols ont su, dans cette affaire, prouver leur capacité à se coordonner, après avoir été confrontés à des techniques et à des stratégies inédites, fomentées par les trafiquants de drogue pour leur échapper.




