Fès: verdict pour le réseau de voitures d’occasion aux documents falsifiés

Le marteau de la justice.

Revue de presseLe tribunal de Sefrou a acquitté la semaine dernière les membres d’un réseau de vente de voitures d’occasion aux documents falsifiés opérant à Fès et Meknès. Bien que liés à d’autres affaires ayant mené à des condamnations fermes, les prévenus ont été innocentés dans ce volet précis. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 27/03/2026 à 19h31

Un vaste réseau d’escroquerie et d’abus de confiance a récemment été démantelé à Fès à la suite d’une plainte déposée par un citoyen. Les membres de cette organisation était spécialisée dans la vente de véhicules d’occasion dont les documents se révélaient falsifiés. Ce réseau comptait des fonctionnaires en poste au sein d’arrondissements administratifs relevant des communes de Fès et de Meknès.

Saisi de l’affaire, le tribunal de première instance de Sefrou a rendu, la semaine dernière, un jugement d’acquittement en faveur des membres de cette filière, qui avaient été préalablement mis en examen par le juge d’instruction, rapporte Al Akhbar de ce week-end (28 et 29 mars). Parallèlement, d’autres prévenus impliqués dans des dossiers distincts ont écopé de peines d’emprisonnement ferme.

Parmi eux figure le gérant d’une société fictive, qui s’est avéré être un marchand de poisson à Sidi Slimane, utilisé comme prête-nom dans des opérations douteuses: il lui revenait d’acquérir des véhicules au moyen de prêts bancaires obtenus grâce à des documents falsifiés, avant de les revendre.

Les faits remontent au 13 octobre 2020, date à laquelle un individu a fait l’acquisition d’une voiture d’occasion auprès d’un vendeur bien connu dans le milieu de l’automobile à Fès. La transaction s’est effectuée dans le cadre d’un accord d’échange: l’acheteur a remis son véhicule personnel au vendeur, complété par une somme de 117.000 dirhams, afin de prendre possession du nouveau véhicule.

Selon le procès-verbal de la police judiciaire, l’un des mis en cause s’était chargé d’obtenir le certificat de contrôle technique du véhicule. Le plaignant a ensuite déposé une demande de changement de propriété auprès du centre d’immatriculation. Toutefois, lorsqu’il s’est présenté pour retirer la carte grise, on l’a informé de l’existence d’une irrégularité juridique dans son dossier.

Quelques jours plus tard, il a eu la surprise de recevoir une convocation du tribunal de première instance pour comparaître à une audience, à la suite d’une plainte relative au véhicule qu’il avait acheté. Il a alors contacté le vendeur, qui l’a assuré de la validité du dossier en lui transmettant, via WhatsApp, des photographies des documents. Une vérification minutieuse a toutefois révélé une anomalie majeure: le numéro de châssis du véhicule ne correspondait pas à celui mentionné dans les documents officiels.

Les investigations ont par la suite établi que la voiture avait déjà fait l’objet d’une autre transaction et que sa propriété appartenait à une tierce personne. Le suspect avait procédé à la vente en utilisant une procuration établie au nom d’un tiers, révélant ainsi l’existence d’une organisation structurée dont les membres se répartissaient les rôles pour attirer les victimes et les escroquer.

L’affaire ne s’arrête toutefois pas là: un autre plaignant s’est signalé auprès des autorités judiciaires, déclarant avoir été victime de faits similaires. Il a notamment indiqué avoir déposé plainte auprès des éléments de la gendarmerie, et a fait état de l’existence d’un véhicule portant le même numéro que celui qu’il avait acheté chez une autre personne. Le dossier, a-t-il précisé, est toujours entre les mains de la justice à Fès.

Par Hassan Benadad
Le 27/03/2026 à 19h31