Fès submergée de beauté: l’oued Al-Jawahir renaît sous les pluies et fait de la médina une «Venise miniature»

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L’oued Al-Jawahir, situé dans la médina de Fès. (Y.Jaoual/Le360)

Le 25/01/2026 à 15h53

VidéoVenise en miniature au cœur du Maroc, c’est ainsi que certains habitants décrivent l’ancienne médina de Fès. Après plusieurs années de sécheresse, l’oued Al-Jawahir a retrouvé son cours naturel, redonnant au quartier une vie aquatique inattendue et offrant à la médina une atmosphère presque surnaturelle. Les images.

L’eau a fait son grand retour dans la médina de Fès, mettant fin à une longue période de sécheresse. Portées par des précipitations abondantes et continues, les eaux de l’oued Al-Jawahir ont retrouvé leur cours naturel, transformant certains passages en canaux à ciel ouvert. Un spectacle rare qui a valu à la médina d’être comparée, par ses habitants, à une «Venise italienne» surgie au cœur du Maroc.

La remontée soudaine du niveau de l’eau a surpris les riverains comme les visiteurs. «Cela faisait longtemps que nous n’avions pas vu l’oued couler ainsi. Pendant des années, il ressemblait à un simple ruisseau», témoigne un habitant du quartier. Aujourd’hui, le courant est devenu si puissant que «personne n’ose s’en approcher», ajoute-t-il.

Ces pluies, qualifiées d’exceptionnelles, sont perçues comme l’une des saisons les plus arrosées de ces dernières années. «Cette année, la pluie est tombée jour et nuit. Cela faisait près de sept ans que nous n’avions pas connu une telle abondance», confie un autre riverain, soulignant que l’oued Al-Jawahir retrouve enfin la fonction qui était la sienne avant les épisodes répétés de sécheresse.

Cette transformation spectaculaire est également attribuée aux travaux d’aménagement réalisés sur l’oued. Des structures de soutènement et de canalisation ont été mises en place afin de maîtriser les crues et de protéger la médina. «L’oued fonctionne normalement. Malgré la force de l’eau, il n’y a ni débordement ni danger pour la ville», explique un habitant, mettant en avant l’efficacité des installations mises en œuvre.

Au-delà de l’image presque vénitienne qu’offre aujourd’hui l’oued, plusieurs habitants appellent à une meilleure protection de cet espace, considéré comme un axe de passage important pour les visiteurs se dirigeant vers Dar Dbagh, l’un des sites historiques les plus fréquentés de la médina. «C’est le seul espace naturel qui respire encore dans ce quartier», affirme un riverain, appelant à une prise de conscience collective. Il insiste sur la nécessité de lutter contre le jet des déchets et de préserver la propreté de l’oued, afin de maintenir sa valeur environnementale et patrimoniale.

Source de vie, axe structurant et mémoire hydraulique de Fès, l’oued Al-Jawahir s’impose de nouveau comme un élément clé du paysage urbain. Entre canaux improvisés et retour attendu de l’eau, la médina retrouve un souffle longtemps perdu, ravivant l’espoir d’un équilibre environnemental plus durable.

Par Youssra Jaoual
Le 25/01/2026 à 15h53