Il y a eu, d’abord, une vidéo tournée à Berrechid, largement diffusée sur les réseaux sociaux. Selon Assabah de ce vendredi 13 mars, les auteurs de cette vidéo qui porte le titre de «vidéo Essamaoui», avaient pour objectif «d’engranger le plus grand nombre possible de visiteurs sur leur page» sur Instagram, «quitte à [proférer des] mensonges, [de] fausses et graves rumeurs à même de troubler l’ordre public».
Ce scénario, que le quotidien qualifie de «machiavélique», est inventé de toutes pièces, puisque «les «enlèvements» sont vendeurs», du fait qu’ils génèrent de «la peur, et donc une grande curiosité [du public] sur les réseaux sociaux, surtout chez les mères et autres parents d’enfants», explique Assabah, qui précise que, «pour les besoins du scénario de cette vidéo, devenue virale, [il a fallu] mettre en scène une femme mentalement dérangée, pour raconter du n’importe quoi, saupoudré de de supposées pratiques de charlatans. Une fois ces fous propos filmés, une mineure, légalement irresponsable, est mise à contribution et sera chargée de la publication sur un compte Instagram. C’est ainsi qu’une fake news relative à un enlèvement inexistant a pris de l’ampleur sur la Toile où elle a connu de larges interactions. En effet, cette séquence a été partagée, téléchargée et diffusée sur de nombreux comptes sur différents réseaux sociaux, où elle est, également, largement commentée. C’est cette ampleur et la rapidité dans la diffusion [de cette vidéo] qui a créé un grand sentiment de panique et d’insécurité chez les citoyens», a-t-on pu lire dans Assabah.
Au terme de leur enquête, les agents de la police judiciaire de Settat ont pu identifier «l’ensemble des personnes apparaissant dans cette vidéo préfabriquée. Les deux femmes qui ont monté de toutes pièces l’enlèvement imaginaire à Berrechid ont été placées en garde à vue, alors qu’une [adolescente] mineure, arrêtée puis libérée, [a été placée] sous contrôle judiciaire [conformément aux] procédures légales applicables aux mineurs».
Selon Assabah, dans une autre affaire dont les faits sont similaires, «un imam a été arrêté à Agadir, dans la zone de Drarga où il officie dans une mosquée. Il aurait lui aussi diffusé une vidéo où il prétend que son fils aurait fait l’objet d’une tentative d’enlèvement. Dans cette vidéo, largement diffusée sur les réseaux sociaux, l’imam prétend que son fils, un enfant [âgé de sept ans au plus], a failli être enlevé dans la salle de prière réservée aux femmes dans cette mosquée». Interrogé par les enquêteurs de la PJ, l’imam a dû avouer avoir menti, «ce qui lui a valu une garde à vue en attendant d’être déféré devant le parquet général», précise le quotidien.
Assabah écrit enfin qu’«en vue de dissiper le sentiment d’insécurité qui prévaut encore chez certains citoyens à cause de ces fake news, la police judiciaire a instruit et mis à nu d’autres fausses rumeurs similaires dans d’autres villes, comme Casablanca, Larache et Tanger».








