Fact-Checking. Suspension des visas américains pour les Marocains: ce qu’il en est réellement

Le projet de restriction d’entrée aux États-Unis va concerner 43 pays dont 22 africains qui seront classés dans une des trois catégories de listes: «Rouge», «Orange» et «Jaune».

Les États-Unis annoncent la suspension à partir du 21 janvier des visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays, dont le Maroc. Renseignement pris, cette mesure ne concerne ni les visas touristiques ni les visas d’affaires, et n’affecte pas les Marocains souhaitant se rendre aux États-Unis pour des séjours temporaires, y compris en vue de la Coupe du monde 2026. Ciblée et temporaire, la décision est motivée par une révision globale des processus de vérification des demandes. Voici ce qu’il faut retenir.

Le 15/01/2026 à 13h04

L’annonce du département d’État américain a pris de court de nombreux demandeurs de visas au Maroc et qui souhaitent se rendre aux États-Unis. Mercredi, les autorités américaines ont officiellement annoncé la suspension temporaire de la délivrance des visas d’immigration aux ressortissants de 75 pays, une mesure qui doit entrer en vigueur le 21 janvier prochain.

Cette décision, rendue publique par le Département d’État américain, s’inscrit dans un cadre clairement assumé par Washington. L’objectif est de réviser et renforcer les protocoles de vérification des demandes de visas d’immigration, afin de s’assurer que les nouveaux arrivants ne deviendront pas une charge pour les finances publiques américaines. En attendant, c’est tout le processus qui sera suspendu.

La mesure ne cible pas uniquement des pays considérés comme hostiles aux États-Unis, mais concerne également des pays alliés ou amis, répartis sur plusieurs continents. L’Europe est concernée avec, par exemple, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine ou encore Monténégro. En Asie, figurent aussi bien l’Iran et la Syrie que la Thaïlande, l’Arménie ou l’Azerbaïdjan. En Afrique et dans les Amériques, la liste inclut des partenaires historiques de Washington comme le Ghana, le Sénégal, le Brésil ou encore la Colombie. Cette diversité géographique illustre le caractère global et non ciblé politiquement de la décision américaine.

Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Liban et les autres

Le Maroc figure sur la liste des pays concernés par cette suspension, au même titre que de nombreux pays arabes, notamment l’Algérie, le Liban, la Jordanie et même le Koweït. Il convient toutefois de lever toute ambiguïté: cette suspension ne concerne que les visas d’immigration. Les visas touristiques et business (B1 et B2) ne sont absolument pas affectés, comme nous le confirme une source informée au sein du Consulat des États-Unis au Maroc.

Mieux, l’ambassade américaine à Rabat annonçait récemment que des milliers de rendez-vous étaient disponibles tout au long des mois de janvier et de février.

Selon cette même source, et pour dissiper toute confusion, «la mesure ne s’applique qu’aux demandeurs de visa immigration en attendant une révision du protocole de vérification des demandes. Elle n’affecte pas les postulants ayant déjà obtenu des visas immigration». Autrement dit, les personnes déjà titulaires d’un visa d’immigration ou dont le visa a été délivré avant l’entrée en vigueur de la suspension ne sont pas concernées par cette décision.

Blocages techniques et Mondial 2026: pas de lien avec la suspension

Ces précisions sont d’autant plus importantes que de nombreux Marocains engagés dans des démarches de visas touristiques, notamment en prévision de la Coupe du monde de football 2026, signalent actuellement des blocages lors de la phase de paiement électronique des frais de visa.

Selon nos informations, ces dysfonctionnements sont exclusivement d’ordre technique. Ils n’ont aucun lien avec la suspension des visas d’immigration, laquelle ne concerne pas les visas touristiques et n’est, par ailleurs, pas encore entrée en application.

L’enjeu est ailleurs. Cette suspension s’inscrit dans un contexte global de durcissement de la politique migratoire américaine. Fin décembre, l’administration Trump avait déjà annoncé la suspension des visas de diversité, un programme qui permettait chaque année à jusqu’à 55.000 ressortissants de pays à faible taux d’immigration vers les États-Unis d’obtenir un visa.

Par ailleurs, le département d’État a récemment révélé avoir révoqué plus de 100.000 visas en 2025, incluant des visas touristiques pour dépassement de séjour, ainsi qu’environ 8.000 visas étudiants et 2.500 visas de travailleurs spécialisés, pour diverses infractions pénales.

La liste complète des pays concernés par la suspension

Amériques

Antigua-et-Barbuda

Bahamas

Barbade

Belize

Brésil

Colombie

Cuba

Dominique

Grenade

Guatemala

Haïti

Jamaïque

Nicaragua

Saint-Kitts-et-Nevis

Sainte-Lucie

Saint-Vincent-et-les-Grenadines

Uruguay

Europe

Albanie

Biélorussie

Bosnie-Herzégovine

Kosovo

Moldavie

Monténégro

Macédoine du Nord

Asie-Pacifique

Afghanistan

Arménie

Azerbaïdjan

Bangladesh

Bhoutan

Cambodge

Fidji

Géorgie

Iran

Irak

Jordanie

Kazakhstan

Koweït

Kirghizistan

Laos

Liban

Mongolie

Myanmar

Népal

Pakistan

Russie

Syrie

Thaïlande

Ouzbékistan

Yémen

Afrique

Algérie

Cameroun

Cap-Vert

Côte d’Ivoire

République démocratique du Congo

Égypte

Érythrée

Éthiopie

Ghana

Guinée

Libéria

Libye

Maroc

Nigeria

République du Congo

Rwanda

Sénégal

Sierra Leone

Somalie

Soudan du Sud

Soudan

Tanzanie

Gambie

Togo

Tunisie

Ouganda

Par Tarik Qattab
Le 15/01/2026 à 13h04