Les services chargés de la cybersécurité ont considérablement renforcé la surveillance des réseaux sociaux afin de faire face à la recrudescence des escroqueries liées aux appels à la générosité publique. Selon des sources citées par le quotidien marocain Assabah de ce vendredi 20 février, les unités spécialisées disposent désormais d’une base de données détaillée recensant de nombreux cas d’arnaques, ainsi que les méthodes utilisées pour piéger les victimes. Cette base est régulièrement enrichie par les plaintes déposées par des citoyens auprès des autorités compétentes, permettant d’actualiser en permanence les modes opératoires identifiés.
D’après les mêmes sources, la cybersécurité a adopté une approche proactive pour traquer les professionnels de l’escroquerie opérant sous couvert d’actions caritatives. Des comptes et pages suspectes font l’objet d’un suivi minutieux afin de repérer toute demande de dons, d’en vérifier la légalité et d’identifier les responsables de ces plateformes ciblant les bienfaiteurs. Les appels aux dons se multiplient sur les différents réseaux sociaux, alors même que la loi encadre strictement ces initiatives et exige une autorisation préalable des autorités pour toute collecte publique de fonds.
Plusieurs bienfaiteurs, dont des Marocains résidant à l’étranger, ont été victimes de ces pratiques frauduleuses. Touchés par des publications mettant en avant des situations sociales dramatiques, certains ont demandé à des proches de prendre contact directement avec les familles dites nécessiteuses auxquelles ils avaient envoyé des aides financières. Ils ont alors découvert que ces dernières n’avaient reçu qu’une infime partie des montants transférés. Face à cette situation, des alertes ont été diffusées dans leurs cercles relationnels afin de mettre en garde contre ces manœuvres, tandis que des plaintes ont été adressées aux représentations diplomatiques du Maroc à l’étranger.
L’enquête révèle également que ces réseaux d’escroquerie à distance exploitent désormais les technologies d’intelligence artificielle pour perfectionner leurs stratagèmes, écrit Assabah. Des vidéos sont générées ou manipulées afin de montrer des familles en situation de précarité sollicitant de l’aide. Grâce à des techniques avancées de traitement d’image et de montage, les séquences paraissent authentiques et visent à susciter l’émotion et la compassion des internautes, dans le but d’obtenir des dons en leur nom.
Les cibles privilégiées restent les Marocains établis hors du territoire national, réputés pour leur réactivité face aux causes sociales relayées en ligne. Les membres de ces réseaux ouvrent des comptes bancaires temporaires au nom des personnes présentées comme démunies. Les coordonnées bancaires sont ensuite diffusées sur les plateformes sociales pour recevoir les virements. En réalité, ces comptes sont contrôlés par les escrocs, qui retirent la majorité des fonds collectés, ne reversant qu’une part marginale aux personnes réellement dans le besoin.
Les autorités poursuivent en ce moment même leurs investigations afin de rassembler l’ensemble des éléments de preuve à même d’identifier et de poursuivre les individus impliqués dans ces escroqueries numériques. Les recherches portent également sur toutes les campagnes de collecte de fonds en ligne qui ne respectent pas les dispositions légales encadrant la générosité publique. L’objectif affiché est clair: prévenir l’apparition de nouvelles victimes, et assainir un espace numérique devenu un terrain fertile pour des réseaux qui professionnalisent l’arnaque, sous prétexte de solidarité.








