En chiffres, voici comment les retenues des barrages ont évolué entre le 13 et le 21 mars

Barrage Al Wahda. (Y.Jaoual/Le360)

72,1%, c’est le taux de remplissage des barrages au 21 mars, en hausse d’un point par rapport à la semaine précédente. Les réserves atteignent ainsi 12,38 milliards de mètres cubes, soit un gain de 27,4 Mm³ depuis le 13 mars.

Le 21/03/2026 à 19h00

Sur la période du 13 au 21 mars, les réserves cumulées des barrages ont progressé de 27,4 millions de m³ (Mm³), grâce aux apports pluviométriques enregistrés dans les différents bassins hydrauliques. «Une tendance positive, mais qui mérite d’être nuancée», comme le signale Amine Benjelloune, hydrologue.

Les réserves totales atteignent ainsi 12.381,9 Mm³ au 21 mars, contre 12.354,5 Mm³ le 13 mars. Le taux de remplissage moyen national gagne un point, passant de 71,2% à 72,1%. «Ce gain peut sembler modeste, mais il va à contre-courant de la tendance habituelle à cette période, caractérisée plutôt par les prélèvements et l’évaporation», explique notre interlocuteur.

Le barrage de Bin El Ouidane enregistre la plus forte hausse de la semaine avec une hausse de 62,8 Mm³. Ses réserves passent de 972 à 1.034,8 Mm³, portant son taux de remplissage de 79% à 85%.

Le barrage Al Massira gagne, quant à lui, 21,4 Mm³ pour atteindre 879,9 Mm³, soit un taux de 33%. Un niveau encore modéré au regard de sa capacité totale de 2.656 Mm³. Parallèlement, Ahmed El Hansali progresse de 17,5 Mm³, atteignant 512,7 Mm³ pour un taux de 76%.

Deux grands barrages du nord affichent des baisses sur la période. Al Wahda, premier réservoir du pays avec une capacité de 3.522 Mm³, perd 56,4 Mm³, tombant à 2.946,5 Mm³. Son taux de remplissage reste stable à 85%. Idriss 1er recule de 20,8 Mm³, avec des réserves à 979,1 Mm³ pour un taux de 91%. Et pour la deuxième semaine consécutive, le barrage Dar Khrofa maintient ses réserves à 474,7 Mm³, soit un taux de remplissage de 100%.

Un printemps pluvieux, mais sans grands effets sur les retenues

Ces derniers jours, plusieurs régions ont connu des épisodes pluvieux. Ce printemps prolonge une saison hivernale déjà généreuse. «Cette année, l’hiver a tenu ses promesses bien au-delà du mois de février. Les pluies se sont maintenues en mars, un mois qui, ces dernières années, était devenu presque sec», observe Mohamed Jalil, ingénieur météorologiste et hydraulicien.

Toutefois, «ces pluies printanières n’ont pas la puissance des grandes perturbations hivernales, ces vastes systèmes frontaux venus de l’Atlantique Nord qui peuvent couvrir des étendues de près de mille kilomètres. Elles fonctionnent différemment, selon des mécanismes propres à la saison», détaille-t-il.

«Il s’agit de phénomènes localisés, liés à des masses d’air instables. Le rayonnement solaire engendre des écarts de température entre les différentes couches de l’atmosphère, ce qui suffit à déclencher des orages, parfois sous un ciel encore dégagé», poursuit le spécialiste.

C’est pourquoi leur impact sur les niveaux des barrages reste limité. «Il peut ainsi pleuvoir abondamment dans un quartier tandis que le voisin reste au sec. C’est la nature même de ces orages printaniers. Leur caractère localisé ne les rend pas moins utiles», précise Mohamed Jalil, puisqu’une averse concentrée sur un bassin versant peut tout de même alimenter un cours d’eau et, in fine, contribuer au remplissage d’un barrage en aval. Mais à l’échelle nationale, ces apports resteront sans commune mesure avec ceux des grandes perturbations hivernales.

Par Hajar Kharroubi
Le 21/03/2026 à 19h00