Abdelouafi Laftit assure que les tarifs de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement liquide ne subiront «aucune augmentation, dans le cadre de la réforme en cours du système de distribution», laquelle «repose sur la mise en place de sociétés régionales multiservices chargées de gérer ces secteurs, n’aura pas d’impact sur les prix actuellement appliqués à l’échelle nationale», indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 13 mars.
Le ministre de l’Intérieur insiste sur le fait que «la protection du pouvoir d’achat des citoyens demeure une priorité, dans un contexte où la question du coût de la vie continue d’alimenter les préoccupations de nombreux ménages», relaie le quotidien. Dans une réponse écrite à une question posée par la députée Fatima El Kachouti, élue du Mouvement Populaire, le ministre a voulu «dissiper les craintes liées à une possible hausse des factures», selon Al Ahdath Al Maghribia, qui précise que dans sa question, la députée du MP avait évoqué «les difficultés de gestion que pourraient rencontrer les nouvelles sociétés régionales chargées de la distribution de l’eau et de l’électricité», et avait également relayé «les inquiétudes exprimées par plusieurs citoyens, préoccupés par la perspective d’une augmentation continue des coûts des services de base».
Dans sa réponse, Abdelouafi Laftit a rappelé que «la fixation des tarifs de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement relève exclusivement des autorités nationales compétentes. Les sociétés régionales multiservices, appelées à jouer un rôle central dans la gestion de ces réseaux, sont ainsi tenues d’appliquer strictement les tarifs et les tranches sociales déjà en vigueur, sans pouvoir y apporter la moindre modification». Pour le ministre, «leur mission principale ne consiste pas à revoir la structure tarifaire, mais plutôt à améliorer la qualité des services et à renforcer l’efficacité technique et commerciale du secteur», car, a-t-il précisé, «les nouvelles entités régionales devront notamment s’attaquer à plusieurs défis structurels qui pèsent sur les réseaux de distribution. Parmi les priorités identifiées figurent la réduction des fuites et des pertes d’eau et d’électricité au sein des infrastructures existantes, la lutte contre les branchements et les consommations illégales, ainsi que l’amélioration des systèmes de facturation et de recouvrement».
Selon Abdelouafi Laftit, «ces mesures permettront de mieux maîtriser les coûts globaux de gestion des services publics, évitant ainsi le recours à une hausse des tarifs pour financer le fonctionnement du secteur», puisque «la création de douze sociétés régionales multiservices s’inscrit dans le cadre d’une réforme structurelle de grande ampleur visant à moderniser la distribution de l’eau potable, de l’électricité et de l’assainissement liquide à travers le pays. Cette réorganisation institutionnelle a pour objectif de mobiliser davantage de ressources financières afin d’investir dans la modernisation des réseaux et dans l’amélioration des infrastructures. Elle vise également à instaurer une gestion plus cohérente et plus efficace à l’échelle des régions, en rationalisant les responsabilités auparavant dispersées entre plusieurs acteurs», a-t-on pu lire dans Al Ahdath Al Maghribia.
Au-delà des enjeux financiers et techniques, «la réforme poursuit également un objectif d’équité territoriale. Les autorités souhaitent ainsi garantir un accès plus équilibré à ces services essentiels dans l’ensemble des régions, tout en réduisant les disparités persistantes entre les zones urbaines et rurales. L’amélioration de la continuité du service public et de sa qualité figure parmi les ambitions affichées par le gouvernement, qui entend faire de ces sociétés régionales un levier de modernisation et de performance», précise le quotidien. Ce chantier de transformation du secteur «intervient à la suite de plusieurs études et évaluations ayant mis en évidence de nombreuses défaillances dans l’ancien système de gestion. Les rapports avaient notamment pointé la multiplication des intervenants dans la distribution, la complexité et le chevauchement des compétences entre les différents opérateurs, ainsi que les limites financières et techniques rencontrées par certaines collectivités territoriales, agences ou distributeurs précédemment en charge du service», a indiqué le ministre dans sa réponse écrite.
Sur le terrain, les nouvelles sociétés régionales ont déjà entamé plusieurs actions visant à améliorer l’état des infrastructures et la qualité de la gestion. Des programmes de maintenance préventive des réseaux et des équipements ont été lancés afin d’anticiper les pannes et de prolonger la durée de vie des installations existantes, relaie le quotidien. Parallèlement, «un effort particulier est consacré à la réhabilitation des installations les plus anciennes et au remplacement progressif des compteurs devenus obsolètes, afin d’assurer une mesure plus précise de la consommation et de réduire les pertes liées aux fuites», a précisé le ministre de l’Intérieur.








