Disparition des abeilles: à Assa, au Sahara, les apiculteurs craignent plus que jamais pour leur récolte de miel

Dans la province d'Assa-Zag, la disparition des colonies d’abeilles a causé une perte sans précédent, et compromet la récolte de miel de cette année, et même de l’année prochaine.

Dans la province d'Assa-Zag, la disparition des colonies d’abeilles a causé une perte sans précédent, et compromet la récolte de miel de cette année, et même de l’année prochaine. . El Yazid Bidar / Le360 (capture image vidéo)

Le 11/04/2022 à 08h54

VidéoLe syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles perdure à Assa. Un problème environnemental très préoccupant, à l’origine d’une crise dans la filière de l’apiculture de la province. A tel point que les apiculteurs de la région reposent leur espoir restant sur le programme spécial mis en place par le gouvernement. Compte-rendu.

La filière apicole traverse toujours une grave crise au Maroc. L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) précise dans un communiqué émis le vendredi 21 janvier dernier que la crise apicole actuelle est principalement due à un phénomène bien connu: le «syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles», déjà constaté dans des pays d'Europe, d'Amérique et d'autres pays d'Afrique.

Ce secteur, qui était considéré comme une source de revenus pour une large catégorie des habitants d'Assa-Zag, une province de la région Guelmim-Oued Noun, souffre encore. Surtout que la disparition des colonies d’abeilles a causé une perte sans précédent et compromet la récolte de miel de cette année, et même de l’année prochaine.

Ainsi, dans une déclaration pour Le360, Boujemaâ Benchouda, président de l’association régionale des professionnels de l’apiculture, explique que «les apiculteurs de la région de Geulmin-Oued Noun, et ceux d’Assa en particulier, souffrent de la disparition des abeilles, surtout qu’en raison de la hausse de la température, celles-ci «disparaissent ou meurent». Il précise «qu’aucune compensation n’a à ce jour été perçue par les professionnels de la région».

Heiba Boumat, apiculteur de la province d’Assa-Zag, explique, lui, que «l’apparition d’une nouvelle race d’abeilles est derrière la disparition des autres espèces. Tout ce que nous demandons aujourd’hui au gouvernement, est de nous aider, afin de nous permettre de préserver les espèces qui ont depuis toujours vécu dans cette région du Royaume».

Devant la gravité de cette situation, qui menace l'équilibre écologique au Maroc, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, avait tenu le 29 janvier 2022, une séance de travail avec le ministre de l'Agriculture, Mohamed Sadiki.

En présence du directeur général de l’ONSSA, et du directeur central des filières de production du ministère de l'Agriculture, ces responsables ont attentivement étudié la situation actuelle du syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles, afin de prendre des mesures immédiates.

Un comité a d'ores et déjà été formé par l'ONSSA. Ses membres ont élaboré un programme spécial, allouant un budget de 130 millions de dirhams, afin de soutenir les apiculteurs touchés par cette crise, pour qu'ils puissent reconstituer leurs ruches. 

Par Abidar El Yazid
Le 11/04/2022 à 08h54