Défaillances dans la gestion des marchés à Rabat: la mairie face à ses contradictions

Fruits et légumes dans un marché.

Revue de presseLa gestion des marchés collectifs à Rabat suscite de fortes tensions au sein du Conseil communal, où majorité et opposition s’affrontent autour de l’efficacité du mode de gestion déléguée. Entre dénonciation de dysfonctionnements persistants et défense de réformes progressives, le débat trahit les défis structurels d’un secteur vital pour l’économie locale et le quotidien des commerçants et des citoyens. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 14/01/2026 à 18h37

La gestion des marchés collectifs a suscité une vive controverse au sein du Conseil de la ville de Rabat, mettant en lumière de profondes divergences entre les différentes composantes du conseil. Les débats ont été marqués par un échange d’accusations concernant les méthodes de gestion adoptées, l’efficacité du mode de gestion déléguée et son impact réel sur l’organisation des espaces commerciaux, ainsi que sur l’amélioration des conditions de travail des commerçants et la qualité des services offerts aux usagers, écrit le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce jeudi 15 janvier.

Plusieurs conseillers ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de dysfonctionnements structurels affectant la gestion de nombreux marchés, notamment en matière de propreté, d’organisation et de respect des cahiers des charges, rapporte le quotidien. Selon eux, la situation actuelle ne répond ni aux attentes des commerçants ni aux exigences liées au statut de Rabat en tant que capitale administrative du Royaume. Ces élus ont ainsi appelé à l’ouverture d’un débat sérieux et approfondi sur le bilan du modèle de gestion en vigueur, plaidant pour une évaluation globale des contrats de gestion déléguée et pour une plus grande transparence quant au respect des engagements pris par les opérateurs, en particulier en ce qui concerne la réhabilitation des marchés et l’amélioration des conditions de travail.

Face à ces critiques, la majorité dirigeante du conseil a défendu ses choix, soulignant que la gestion des marchés collectifs se heurte à de multiples contraintes. Elle a notamment évoqué la vétusté des infrastructures, la complexité de la situation de certains marchés informels, ainsi que les ressources financières limitées dont dispose la collectivité. La majorité a assuré que le conseil s’emploie à mettre en place des solutions progressives, fondées sur une approche participative impliquant l’ensemble des acteurs concernés, afin de concilier les impératifs de modernisation avec les réalités sociales et économiques du secteur.

Les représentants de la majorité ont également indiqué que plusieurs projets sont actuellement à l’étude ou en cours de réalisation, a-t-on lu dans Al Akhbar. Ces projets visent à réorganiser les marchés et à renforcer leur attractivité, tout en veillant à préserver la dimension sociale de ces espaces et à garantir la continuité de l’activité des commerçants. Ils ont insisté sur le fait que toute réforme en profondeur nécessite du temps, ainsi qu’une coordination étroite avec les autorités compétentes et les différents intervenants institutionnels.

De leur côté, des membres de l’opposition ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme l’absence d’une vision claire et cohérente pour la gestion de ce secteur stratégique. Ils ont tenu le conseil pour responsable de la persistance du désordre dans certains marchés et de la prolifération de pratiques illégales liées à l’occupation du domaine public. Selon eux, ces dérives portent préjudice aux commerçants en règle et nuisent aux consommateurs, tout en aggravant les inégalités et en affaiblissant la confiance dans l’action publique.

Ce débat intervient dans un contexte marqué par des plaintes récurrentes de professionnels et de commerçants, qui dénoncent la dégradation des conditions de travail dans plusieurs marchés, le manque d’entretien régulier et l’insuffisance des mécanismes de contrôle. Autant de facteurs qui ont ravivé les appels à une révision du mode de gestion adopté, à un renforcement des principes de reddition des comptes et à la mise en place d’outils efficaces d’évaluation des performances, afin d’assurer une gouvernance plus efficiente d’un secteur essentiel à l’économie locale et à la vie quotidienne des habitants de la capitale.

Par La Rédaction
Le 14/01/2026 à 18h37