L’OFPPT est actuellement secoué par une crise interne aiguë, marquée par une vague inédite de limogeages, de suspensions et de mutations que des sources syndicales n’hésitent pas à qualifier d’«arbitraires». Ces sanctions, qui ont touché un grand nombre de cadres et de responsables, ont provoqué un état de semi-paralysie dans plusieurs directions stratégiques.
Selon plusieurs informations, sur les douze directions centrales que compte l’OFPPT, neuf à onze fonctionnent sans directeurs, ce qui est à l’origine d’une situation exceptionnelle où la plupart des services sont assurés par des directeurs par intérim, relaie Al Akhbar de ce jeudi 9 avril. La directrice générale de l’office, Loubna Tricha, a certes lancé un appel à candidatures pour pourvoir les postes de directeur de l’audit, de directeur du développement, et de directeur des projets, mais les autres directions demeurent vacantes. Un seul directeur a conservé son poste, les autres ayant quitté leurs fonctions pour cause de départ à la retraite, ou en raison de leur passage vers une entreprise privée, ou encore à la suite des conflits et des difficultés qui agitent l’Office depuis plusieurs années.
Par conséquent, il devient impossible d’établir un organigramme pour cette institution, en l’absence de stabilité dans sa hiérarchie directionnelle. Ces derniers mois, l’OFPPT a été secoué par «un véritable séisme administratif, consécutif à des sanctions disciplinaires prises par la direction –limogeages surprises, suspensions, affectations dans des contrées éloignées», écrit le quotidien. Certains responsables ont fait l’objet d’audits, suivis de sanctions jugées «sévères», selon des sources d’Al Akhbar, qui ajoutent que «plusieurs dirigeants ont été suspendus ou punis sans explications suffisantes, ce qui n’a fait qu’exacerber les tensions internes». De plus, «la directrice générale a pris des mesures à l’encontre du responsable régional de la région Fès-Meknès, en le rétrogradant au poste de formateur, et en le mutant à Errachidia. De même, la cheffe du service logistique a été reléguée à des missions de formation. Des décisions que les syndicats qualifient d’injustifiées, voire d’arbitraires», souligne Al Akhbar.
Les syndicalistes du bureau régional de la Fédération nationale de la formation professionnelle (FNFP), affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), ont donc exprimé tout leur «étonnement» devant «la persistance des tensions dans la gestion des ressources humaines» de l’OFPPT. Ils ont aussi vivement critiqué «l’absence d’une approche participative dans les décisions affectant la situation des cadres». Dans un communiqué, la FNFP affirme que les dernières décisions de transferts régionaux ayant concerné plusieurs responsables ont été décidées de manière «arbitraire et soudaine», sans qu’une base juridique ne les justifie, ni que des explications suffisantes aient été données.




