Crédit Oxygène: des entreprises utilisent la liquidation judiciaire pour échapper au remboursement

Certaines entreprises ont fait de la fraude aux crédits leur mode opératoire privilégié.. DR

L’arnaque par le biais des crédits est devenue la spécialité de certaines entreprises. Ainsi, une récente enquête sur des dossiers de crédit «Oxygène» en souffrance a révélé que de nombreuses entreprises bénéficiaires ont arrêté le versement de leur dû mensuel une année seulement après avoir contracté ce crédit. Pour échapper au remboursement du crédit, elles feignent d’inextricables difficultés financières pour engager la procédure de liquidation judiciaire. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 31/03/2026 à 20h48

Les crédits «Oxygène» asphyxient-ils les entreprises qui le contracetent? Loin s’en faut, sauf que certaines d’entre elles se servent de fonds prêtés pour arnaquer les investisseurs. C’est ce que vient de mettre à nu une enquête relative à de nombreux crédits impayés, que rapporte le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 1er avril.

En effet, certaines entreprises ayant contracté des financements «Intilaka» et «Oxygène», garantis par l’État, se sont rapidement auto-déclarées en grandes difficultés financières, et donc dans l’incapacité de rembourser quoi que ce soit. Cette attitude, devenue courante, a soulevé des soupçons légitimes chez les responsables de deux groupes bancaires concernés par ces crédits, et dont l’un a ouvert une enquête. Ce dernier a rapidement découvert le pot aux roses, en constatant que les entreprises ayant eu recours aux crédits garantis par l’État usent en général du subterfuge des difficultés financières pour obtenir la liquidation judiciaire. Cette enquête a vu juste, puisque, suite à une coordination avec d’autres banques, il a été remarqué que cette arnaque, consistant à déclarer faillite pour ne rien rembourser, est pratiquée par de nombreux bénéficiaires des crédits «Oxygène» et «Intilaka».

Selon Assabah, la valeur des crédits volatilisés sous le coup de cette arnaque s’élève à plus de 120 millions de dirhams (12 milliards de cts), au niveau de deux banques seulement. Celles-ci se préparent d’ailleurs à constituer un dossier en ce sens en vue de le porter devant la justice. Assabah rappelle à l’occasion les articles du Code de commerce, en particulier les articles 560, 561 et suivants, sur lesquels le juge se base pour constater les difficultés financières d’une entreprise confrontée à l’incapacité de rembourser ses dettes et les modalités de sa liquidation judiciaire. Une façon pour le journal de montrer la facilité déconcertante avec laquelle la faillite judiciaire peut être prononcée, au grand dam des investisseurs.

Par La Rédaction
Le 31/03/2026 à 20h48