Cinq membres d’une même famille se noient dans un bassin d’irrigation à Khouribga

Dans les zones rurales, les bassins de rétention d’eau souvent construits sur des terrains agricoles ne sont ni clôturés ni signalés, ce qui les rend dangereux pour les habitants.

Revue de presseUn drame familial a bouleversé mardi soir la commune d’Ouled Abdoun, dans la province de Khouribga. Cinq personnes issues d’une même famille ont perdu la vie après s’être noyées dans un bassin d’irrigation utilisé pour le stockage de l’eau d’arrosage. Les autorités locales ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances précises de l’accident. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 12/11/2025 à 17h57

La commune d’Ouled Abdoun, dans la province de Khouribga, a été secouée mardi soir par un drame familial d’une rare intensité. Cinq membres d’une même famille ont trouvé la mort noyés dans un bassin d’irrigation situé au douar Ouled El Ghazi, sur la route menant à Jemaa, un bassin destiné à recueillir l’eau utilisée pour l’arrosage au goutte-à-goutte, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce jeudi 13 novembre.

Selon une source locale citée par le quotidien, la tragédie aurait commencé lorsque la mère de famille est tombée dans le bassin. Alerté par ses cris, son mari s’est précipité pour la sauver. En tentant de la sortir de l’eau, il a lui-même été happé par la profondeur et les parois glissantes de l’installation. Leur fils, témoin de la scène, s’est alors jeté à son tour dans le bassin pour venir en aide à ses parents, mais il a fini par se noyer à son tour. Sa sœur, animée par le même réflexe de secours, a tenté de les rejoindre, avant de glisser et d’être engloutie elle aussi. Un cinquième membre de la famille, accouru en désespoir de cause, a suivi le même sort tragique, relate Al Akhbar.

L’alerte donnée par les habitants a mobilisé immédiatement les autorités locales, les services de la gendarmerie royale et les équipes de la protection civile, qui se sont rendus sur place dans la nuit. Après plusieurs heures d’efforts, les plongeurs sont parvenus à repêcher les corps des victimes et à les transférer vers la morgue de l’hôpital provincial de Khouribga. Une enquête préliminaire a été ouverte sur instruction du procureur général du Roi afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident et d’établir les responsabilités éventuelles.

Ce drame a ravivé un débat récurrent dans les zones rurales du Maroc concernant la sécurité des bassins de rétention d’eau. Souvent construits sur de vastes terrains agricoles, ces réservoirs ne sont ni clôturés ni signalés, rendant l’accès particulièrement dangereux, surtout pour les enfants et les habitants des environs. Les associations locales appellent à des mesures urgentes pour sécuriser ces installations, jugées nécessaires à l’irrigation mais potentiellement mortelles en l’absence de dispositifs de protection adéquats, souligne Al Akhbar.

Ainsi, à travers la douleur d’une famille décimée, c’est une question plus large qui refait surface: celle du manque de prévention et de contrôle autour des infrastructures rurales, où le besoin d’eau se heurte trop souvent à l’insécurité des moyens mis en œuvre pour la stocker.

Par La Rédaction
Le 12/11/2025 à 17h57