Cannabis légal: près de 1.500 autorisations retirées par l’ANRAC, des récoltes sur plus de 1100 hectares

Au cœur de la culture de la Beldia, dans les montagnes du Rif. (A.Et-Tahiry/Le360).

Champ de cannabis, au nord du Maroc. (A.Et-Tahiry/Le360).

Revue de presseDe la culture à la commercialisation, l’encadrement du cannabis médical et industriel franchit une nouvelle étape au Maroc. Face aux manquements administratifs et réglementaires constatés lors de la dernière saison, l’ANRAC a procédé à une vague massive de retraits d’autorisations, tout en poursuivant l’enregistrement du label marocain sur le marché européen pour valoriser le travail des coopératives locales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien All Ahdath Al Maghribia.

Le 15/10/2026 à 19h55

Dans l’objectif d’atteindre un encadrement efficient pour le secteur du cannabis légal au Maroc, l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) vient d’intensifier ses opérations de contrôle et de suivi. Ces mesures visent à garantir le strict respect des procédures légales prévues par la réglementation en vigueur. À l’issue de ces contrôles menés au titre de la saison agricole 2026, l’agence a procédé au retrait de 1.490 autorisations. Dans le détail, près de 1.300 autorisations annulées concernaient directement des agriculteurs pratiquant la culture du cannabis, tandis que 190 retraits touchaient d’autres acteurs opérant dans les filières de production, de transformation et de commercialisation, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 16 octobre.

La répartition des autorisations retirées aux acteurs non agricoles montre des répercussions sur l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur. Ainsi, 60 autorisations concernaient l’importation de semences, 45 étaient destinées à la transformation et à l’industrie, 35 au marketing et à la commercialisation, 31 à l’exportation et 12 à l’exportation de graines, auxquelles s’ajoutent 7 autorisations relatives au transport. Ces annulations découlent, principalement, de manquement aux règles administratives, notamment des erreurs lors de la déclaration des récoltes ou des retards dans le respect des délais fixés par les autorités compétentes pour la collecte et la transformation.

Sur le plan de la production agricole pour la saison 2026, la récolte de la variété locale dans la province de Taounate a atteint un taux de réalisation de 92 %. À l’échelle des trois provinces concernées par la légalisation, la superficie totale récoltée pour cette même variété s’élève à 1100 hectares, soit environ 60 % de l’ensemble des surfaces cultivées. Les opérations de récolte ont mobilisé près de 1800 agriculteurs regroupés au sein de 154 coopératives, traduisant une structuration progressive du secteur agricole sous la tutelle des autorités et dans le respect du cadre juridique national, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Ces données statistiques illustrent une présence accrue des mécanismes de contrôle à toutes les étapes de la chaîne logistique et industrielle. Qu’il s’agisse des activités industrielles, commerciales ou logistiques, l’objectif principal des autorités reste de soumettre l’ensemble des exploitations aux exigences réglementaires et juridiques en vigueur. La maîtrise de ces procédures permettra d’assurer un suivi rigoureux depuis la phase de production primaire, jusqu’à la valorisation finale des produits destinés au marché local ou international.

Parallèlement aux démarches de régulation interne, des mesures spécifiques ont été engagées pour protéger la propriété intellectuelle et l’image de marque du cannabis marocain à l’échelle internationale. L’agence a ainsi entrepris des actions visant à enregistrer et protéger le label officiel des produits issus du cannabis légal du Maroc. Ces initiatives visent à préserver l’identité nationale des produits, à garantir leur traçabilité et à renforcer leur positionnement ainsi que leur compétitivité face aux standards des marchés étrangers.

Dans ce contexte, des avis de protection de la marque ont déjà été émis au Luxembourg, au Portugal et en Belgique, alors même que des démarches similaires sont en cours dans d’autres pays européens comme l’Allemagne et l’Espagne. Cette démarche stratégique permet d’apporter une valeur ajoutée aux produits transformés issus du cannabis marocain, en certifiant leur origine et leur qualité. Elle contribue également à renforcer la confiance des consommateurs finaux et des partenaires commerciaux dans les produits conformes aux critères de la filière légale.

Par La Rédaction
Le 15/10/2026 à 19h55