Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé le lancement prochain de l’élaboration d’un atlas des zones menacées par les inondations dans l’ensemble du périmètre d’intervention de l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia. «Ce projet, réalisé avec l’appui du ministère de l’Intérieur, s’inscrit dans une démarche de prévention et d’anticipation des risques liés aux phénomènes climatiques extrêmes, en particulier les crues, dont la fréquence et l’intensité sont accentuées par les effets du changement climatique», écrit Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 12 mars.
Le ministre s’exprimait lundi dernier à Khénifra lors de la réunion du conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia au titre de l’exercice 2025. Cette rencontre s’est tenue en présence du gouverneur de la province de Khénifra, du président de la région Béni Mellal-Khénifra, ainsi que de plusieurs responsables et représentants d’institutions concernées par la gestion des ressources en eau.
Dans son intervention, Nizar Baraka a souligné que la tenue de cette session intervient dans un contexte climatique particulier marqué par d’importantes précipitations pluviales et neigeuses enregistrées dans plusieurs régions du Royaume. Ces apports hydriques ont eu un effet bénéfique sur les ressources en eau, fortement affectées au cours des sept dernières années en raison d’une succession d’épisodes de sécheresse. Cette amélioration devrait permettre de sécuriser l’approvisionnement en eau potable et d’améliorer la disponibilité de l’eau pour différents usages, notamment dans le secteur agricole.
Le ministre a rappelé à cette occasion les principales réalisations du Maroc dans le domaine de la gestion de l’eau, qui ont permis au pays de faire face à des périodes de pénurie sévères dans plusieurs bassins hydrauliques. Dans le bassin de l’Oum Er-Rbia, plusieurs projets structurants ont été poursuivis au cours de l’année écoulée. Parmi eux figure la construction du barrage sur l’oued Lakhdar, dans la province d’Azilal, d’une capacité de stockage estimée à 150 millions de mètres cubes. Le taux d’avancement de ce chantier a atteint environ 70%.
Les travaux du barrage de Takzirt, dans la province de Béni Mellal, se poursuivent également. Cet ouvrage hydraulique disposera d’une capacité de stockage de 85 millions de mètres cubes. Parallèlement, les autorités poursuivent la réalisation de six petits barrages et la maintenance de dix autres dans la zone d’intervention de l’agence. «Des appels d’offres ont aussi été lancés pour la conception de six nouveaux barrages collinaires dans le cadre du programme national des barrages collinaires et de petite taille couvrant la période 2022-2027», Al Ahdath Al Maghribia.
Les actions menées concernent également la surveillance et la gestion des ressources hydriques. Des opérations de contrôle sont régulièrement effectuées sur plusieurs tronçons d’oueds et de canaux de dérivation afin de lutter contre les prélèvements illégaux d’eau. Ces patrouilles sont menées dans le cadre de missions conjointes visant à préserver les ressources hydriques et à assurer une répartition équitable de l’eau.
Le ministre a par ailleurs évoqué l’exploitation des stations de dessalement d’eau de mer de Safi et de Jorf Lasfar. Ces installations contribuent à l’approvisionnement en eau potable des villes de Safi et d’El Jadida, tout en renforçant l’alimentation du sud de Casablanca ainsi que celle des villes de Berrechid et de Settat, en plus de plusieurs centres ruraux voisins. Elles permettent également de fournir de l’eau à usage industriel aux complexes de l’Office chérifien des phosphates.
Afin d’atténuer la pression sur le bassin de l’Oum Er-Rbia, notamment sur le barrage Al Massira, plusieurs mesures ont été mises en œuvre. Parmi celles-ci figure l’exploitation de la tranche d’urgence du projet d’interconnexion entre les bassins du Sebou et du Bouregreg, qui a permis de garantir l’approvisionnement en eau potable de la zone côtière comprise entre Rabat et le nord de Casablanca. L’interconnexion des réseaux hydrauliques du nord et du sud de Casablanca a également été exploitée afin de renforcer l’alimentation en eau à partir du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah.
Dans le même cadre, un projet de liaison de 114 kilomètres entre les canaux des Douarate et de la société des eaux d’Oum Er-Rbia a été réalisé afin de réduire les pertes d’eau lors du transfert entre le barrage des Douarate et celui de Sidi Saïd Maachou. Une autre conduite de 54 kilomètres est également exploitée pour soutenir l’approvisionnement en eau potable des villes de Casablanca, Settat et Berrechid à partir de la station de dessalement de Jorf Lasfar.
Nizar Baraka a précisé que, parallèlement à ces projets structurants, des mesures d’urgence ont été prises afin de garantir la continuité de l’approvisionnement en eau. Celles-ci comprennent notamment l’acquisition de camions citernes, la réalisation de forages d’exploration et d’exploitation, ainsi que le renforcement des campagnes de détection et de réparation des fuites d’eau. Les commissions régionales et provinciales de l’eau ont également été mobilisées afin d’assurer un suivi régulier de la situation hydrique.
Le ministre a rappelé que le bassin de l’Oum Er-Rbia a connu, au cours de l’année hydrologique 2024-2025, un déficit pluviométrique d’environ 17,3% par rapport à la moyenne annuelle. Cette situation a entraîné une baisse significative des apports en eau dans les barrages du bassin, avec un déficit estimé à près de 68%.
Toutefois, les indicateurs hydroclimatiques de l’année hydrologique en cours se révèlent plus encourageants. Les apports en eau enregistrés dans les retenues des barrages du bassin ont atteint 2 milliards et 315 millions de mètres cubes au cours de la période récente. Malgré cette amélioration, le gouvernement poursuit la mise en œuvre de projets structurants destinés à renforcer la sécurité hydrique.
Parmi ces projets figure la programmation de la deuxième phase du projet d’interconnexion entre les bassins du Sebou, du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia, destinée à soutenir les ressources du barrage Al Massira. Le lancement des travaux est prévu au cours de l’année en cours. «Les autorités poursuivent également la réalisation de la première phase de la station de dessalement d’eau de mer destinée à la ville de Casablanca, dont la mise en service partielle est attendue d’ici la fin de l’année 2026», rappelle Al Ahdath Al Maghribia.
Les efforts se poursuivent également dans le domaine de l’exploration des ressources en eaux souterraines afin de mobiliser des volumes supplémentaires pour répondre à la demande croissante en eau potable. Des études sont également menées en vue de mettre en place des contrats de gestion participative des nappes phréatiques dans plusieurs régions, notamment dans les zones de la Bahira et du Sahel de Doukkala, tandis qu’une actualisation de l’étude relative à la nappe de Tadla est programmée.
Lors de cette réunion, le conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia a approuvé seize projets de conventions concernant principalement la protection contre les inondations, l’entretien des barrages et le renforcement du réseau de mesure hydrologique. Cette session a également permis d’examiner les comptes de l’agence pour l’exercice 2024, de présenter son programme d’action ainsi que le projet de budget pour l’année 2026, tout en faisant le point sur l’état d’avancement de l’exécution du budget de l’année 2025. Y ont pris part les membres du conseil d’administration, des parlementaires ainsi que des représentants des collectivités territoriales.








