À l’issue d’une séance d’interrogatoire tenue au parquet près le tribunal de première instance de Rabat, le procureur du Roi a ordonné, dimanche soir, le placement en détention provisoire du supporter algérien Raouf Belkacemi à la prison d’El Arjat 2. Les faits reprochés ont été requalifiés en délits d’atteinte publique à la pudeur et de profération de propos contraires aux bonnes mœurs et à la morale publique à l’encontre d’une personne ou d’un groupe de personnes lors de matchs ou de manifestations sportives, indique le quotidien Assabah dans son édition des 13 et 14 janvier.
Selon Assabah, le mis en cause, né le 7 novembre 2002, s’était rendu coupable d’un acte jugé choquant en urinant dans l’enceinte du stade Moulay Hassan, lors de la rencontre opposant la sélection algérienne à celle de la République démocratique du Congo, comptant pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations. La scène, filmée et diffusée, a suscité une vive indignation et valu une arrestation à son auteur. L’enquête préliminaire a mis en évidence les aveux du prévenu, confronté par la brigade urbaine de la police judiciaire relevant de la zone de sûreté de Souissi à des enregistrements vidéo et à des photographies le montrant en train de tenir des propos jugés indécents, tout en reconnaissant avoir commis l’acte incriminé dans le stade. Ces éléments matériels ont été versés au dossier et ont conforté les charges retenues à son encontre.
Durant sa garde à vue, l’intéressé a été informé de son droit de contacter un avocat et de s’entretenir avec lui, conformément aux dispositions de l’article 66 du Code de procédure pénale. Il a toutefois décliné cette possibilité, soutenant que son comportement n’avait pour objectif que de s’amuser, une justification qui n’a pas convaincu les autorités judiciaires. Toujours selon Assabah, les faits reprochés ne relèvent pas uniquement du droit pénal marocain, mais constituent également des infractions aux règlements de la Confédération africaine de football. Cette double dimension a renforcé la qualification pénale, en y ajoutant le délit de profération de propos contraires aux bonnes mœurs lors d’événements sportifs.
Le parquet a justifié sa décision de recourir à la détention provisoire par la gravité des actes commis et par l’ampleur de la réaction qu’ils ont provoquée parmi les supporters et observateurs du monde du football, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Des voix se sont élevées notamment en Tunisie, en Égypte et dans plusieurs pays du Golfe pour dénoncer un comportement jugé irresponsable et indigne des valeurs sportives, relate Assabah. Au Maroc, de nombreux citoyens et amateurs de football ont, de leur côté, appelé les autorités judiciaires et la présidence du ministère public à appliquer strictement la loi à l’encontre de l’auteur de ces agissements, estimant qu’ils portent atteinte à l’éthique du sport et aux règles élémentaires de bienséance qui doivent prévaloir dans les lieux de rassemblement public.







