Pour la mise en œuvre de ce projet, Amal Fellah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique, a signé, au siège de son département, huit mémorandums d’entente avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le ministère du Transport et de la Logistique, la Commission nationale de protection des données à caractère personnel, ainsi qu’avec les directeurs de la CNSS, de la NARSA (prévention routière) et de l’ANCFCC (conservation foncière). D’autres partenaires ont également signé ces conventions avec la ministre.
À cette occasion, la ministre a exprimé «une volonté collective, partagée entre les institutions publiques, les autorités de régulation et des partenaires technologiques nationaux et internationaux, de construire ensemble un socle numérique robuste, sécurisé et centré sur le citoyen». Elle a précisé que Idariti X.0 dépasse «la simple digitalisation de procédures existantes. Elle implique une transformation en profondeur de la manière dont l’administration conçoit, délivre et gouverne les services publics». Le programme repose, selon elle, sur trois piliers fondamentaux: «la confiance, la sécurité et l’interopérabilité».
La ministre a en outre souligné que les accords signés s’inscrivent pleinement dans cette logique, dans la mesure où ils visent à établir «un cadre structurant de coopération pour réfléchir, concevoir et expérimenter des solutions innovantes autour d’une architecture numérique moderne, fondée notamment sur le concept de méta-application et de wallet national intelligent, adossée à une identité numérique robuste». Elle estime qu’il s’agit «d’une approche ambitieuse, mais nécessaire, pour répondre aux attentes croissantes des usagers en matière de simplicité, de fluidité et de continuité des services publics, tout en garantissant le plus haut niveau de protection des données personnelles».
Amal Fellah Seghrouchni a également mis l’accent sur le rôle central de la protection des données à caractère personnel, soulignant que l’engagement des autorités concernées constitue un signal fort. Celui-ci rappelle que l’innovation numérique ne peut se concevoir sans un encadrement juridique et institutionnel rigoureux, conforme à la loi n°09-08, et fondé sur les principes de Privacy by Design et de Security by Design.
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De son côté, Omar Seghrouchni, président de la CNDP (Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel) et de la CDAI (Commission du droit d’accès à l’information), a expliqué que l’architecture numérique en cours de réflexion vise plusieurs objectifs. Le premier consiste à éviter «que la donnée soit centralisée quelque part, parce qu’en cas de hacking, si toute la donnée est centralisée, toute la donnée va sortir. Donc c’est une architecture décentralisée qui est privilégiée».
Il a ajouté que les données concernant un citoyen «vont être stockées sur son wallet (portefeuille numérique). C’est lui qui va les porter, et ce n’est pas un accès à distance qui va permettre de le faire». En conclusion, ce spécialiste a affirmé que la protection de la vie privée et le respect des données constituent «une question d’architecture». Et si cette architecture, a-t-il averti, n’est pas conforme aux principes de Privacy by Design et de Security by Design, on risque «des applications qui s’empilent et qui accroissent le risque de hacking, de diffusion et de propagation des données».








